Android est né en 2003 au sein d'Android Inc., une jeune entreprise fondée par Andy Rubin, Rich Miner, Nick Sears et Chris White. Initialement exploré pour des appareils photo numériques, le projet s'est réorienté vers les téléphones mobiles avant son rachat par Google en 2005. Des prototypes successifs, la création de l'Open Handset Alliance et la collaboration avec HTC ont ensuite conduit à Android 1.0 et au HTC Dream en 2008.
2003 : Android Inc. cherche sa place
Android Inc. est fondée à Palo Alto, en Californie, en octobre 2003. Ses quatre fondateurs réunissent des compétences complémentaires. Andy Rubin possède une expérience des appareils mobiles acquise notamment chez Danger, Rich Miner est entrepreneur et investisseur, Nick Sears connaît le secteur des télécommunications, tandis que Chris White travaille sur la conception des interfaces.
Leur projet ne correspond pas encore exactement au système Android connu par la suite. L'équipe envisage d'abord une plateforme logicielle pour appareils photo numériques, capable de faciliter le stockage et le partage des images. Elle constate toutefois que ce marché offre des perspectives limitées et se tourne vers les téléphones mobiles.
L'objectif devient alors de fournir aux fabricants une plateforme adaptable, face aux systèmes propriétaires qui dominent les terminaux de l'époque. Cette réorientation est décisive : Android ne sera pas un téléphone conçu par une seule entreprise, mais un logiciel destiné à fonctionner sur les appareils de différents constructeurs.
2005 : Google rachète Android Inc.
Google acquiert Android Inc. en juillet 2005. L'entreprise est encore peu connue et le projet reste discret. Les fondateurs rejoignent Google, où Andy Rubin prend la direction de l'équipe chargée de poursuivre son développement. Le rachat apporte des moyens humains, financiers et techniques que la jeune société n'aurait pas pu mobiliser seule.
Pour Google, le mobile devient un accès stratégique à Internet. Des services tels que Google Maps et Gmail doivent pouvoir atteindre les utilisateurs sans dépendre entièrement des choix d'un constructeur ou d'un opérateur. Android peut fournir cette porte d'entrée tout en restant proposé à plusieurs marques.
Le socle technique s'appuie sur le noyau Linux, adapté aux contraintes d'un appareil mobile. Ce choix inscrit Android dans une histoire logicielle plus ancienne, évoquée par l'anniversaire de Linux, mais Android ne se réduit pas à ce noyau : Google et ses partenaires construisent autour de lui une plateforme mobile complète.
Des prototypes à clavier au modèle tactile
Avant le HTC Dream, l'équipe expérimente plusieurs formes de téléphone. L'un des prototypes les plus connus porte le nom de code Sooner. Il ressemble aux terminaux professionnels populaires au milieu des années 2000 : écran non tactile, clavier physique complet et navigation par touches. Il sert surtout à éprouver le système et ses applications.
La présentation de l'iPhone par Apple en janvier 2007 confirme l'importance d'une interface pensée pour un grand écran tactile. Elle ne provoque pas la naissance soudaine d'Android, déjà développé depuis plusieurs années, mais pousse l'équipe à renforcer son adaptation aux interactions tactiles. Le projet Dream, mené avec HTC, conserve néanmoins un clavier physique coulissant en plus de son écran tactile.
Android n'est pas passé directement d'une idée à un produit fini : ses prototypes reflètent la transition entre les téléphones à clavier et les smartphones tactiles.
Les principales étapes techniques peuvent ainsi être résumées :
- Premières expérimentations : recherche d'une plateforme adaptable à différents appareils.
- Prototype Sooner : validation du logiciel sur un téléphone à clavier inspiré des usages professionnels.
- Évolution tactile : adaptation de l'interface à un marché transformé par les écrans tactiles.
- Projet Dream : mise au point avec HTC d'un appareil destiné à une commercialisation réelle.
2007 : l'Open Handset Alliance rend le projet public
Le 5 novembre 2007, Google et plusieurs dizaines de partenaires annoncent l'Open Handset Alliance, ou OHA. Cette coalition rassemble des constructeurs, des opérateurs, des fabricants de composants et des entreprises logicielles. HTC, Motorola, Samsung, Qualcomm et T-Mobile figurent parmi les premiers membres.
Le même jour, Android est officiellement présenté comme la plateforme mobile soutenue par cette alliance. Une première version du kit de développement est publiée quelques jours plus tard afin que les développeurs puissent créer et tester des applications. La démarche rappelle l'importance d'un environnement accessible aux développeurs, également déterminante dans l'histoire de Firefox.
L'OHA répond à plusieurs besoins concrets :
- réunir les compétences nécessaires à la création d'un smartphone complet ;
- convaincre les fabricants qu'Android ne dépend pas d'un seul modèle de téléphone ;
- associer les opérateurs à la distribution des futurs appareils ;
- donner aux développeurs des outils avant la sortie commerciale ;
- établir Android comme une plateforme commune plutôt que comme un simple prototype interne à Google.
2008 : Android 1.0 et le HTC Dream arrivent sur le marché
Le premier appareil Android commercialisé est fabriqué par HTC. Son nom industriel est HTC Dream, tandis que T-Mobile le vend sous l'appellation T-Mobile G1. Il possède un écran tactile, un clavier coulissant, une boule de navigation et une connexion aux services en ligne de Google.
Trois moments doivent être distingués. L'annonce publique d'Android a lieu le 5 novembre 2007 avec l'Open Handset Alliance. Le HTC Dream et Android 1.0 sont présentés commercialement le 23 septembre 2008. Le T-Mobile G1 est ensuite mis en vente aux Etats-Unis le 22 octobre 2008, avant son arrivée sur d'autres marchés.
Android 1.0 propose déjà un navigateur, des notifications, l'accès à Gmail et à Google Maps ainsi qu'une boutique d'applications alors appelée Android Market. Le navigateur repose sur des technologies web distinctes de celles du futur Google Chrome, lancé sur ordinateur au cours de la même période.
La date du 23 septembre retient donc la présentation du premier téléphone Android achevé, et non la fondation d'Android Inc., le rachat par Google ou le premier jour de vente. Cette distinction explique pourquoi plusieurs dates historiques sont parfois associées à la naissance de la plateforme. Le repère retenu pour l'anniversaire d'Android correspond à la présentation du HTC Dream avec Android 1.0.
HTC Dream avec Android de Google
Questions fréquentes
Qui a fondé Android Inc. ?
Android Inc. a été fondée en octobre 2003 par Andy Rubin, Rich Miner, Nick Sears et Chris White. L'équipe associait une expérience des appareils mobiles, des télécommunications, de l'entrepreneuriat et de la conception d'interfaces.
Android était-il destiné à l'origine aux appareils photo ?
Les fondateurs ont d'abord exploré une plateforme logicielle pour appareils photo numériques, notamment autour du stockage et du partage d'images. Jugeant ce marché trop limité, ils ont rapidement réorienté le projet vers les téléphones mobiles.
Quand Google a-t-il racheté Android ?
Google a acquis Android Inc. en juillet 2005. Les principaux membres de l'équipe ont rejoint Google et ont continué à développer la plateforme sous la direction d'Andy Rubin.
Quel était le rôle du prototype Sooner ?
Sooner était un prototype de développement doté d'un clavier physique et d'un écran non tactile. Il permettait de tester Android avant que l'équipe ne privilégie une conception mieux adaptée aux écrans tactiles avec le projet Dream.
Quel a été le premier téléphone Android ?
Le HTC Dream a été le premier téléphone Android commercialisé. Aux Etats-Unis, l'opérateur T-Mobile l'a vendu sous le nom T-Mobile G1. Il associait un écran tactile à un clavier physique coulissant.
Pourquoi trouve-t-on plusieurs dates pour la naissance d'Android ?
Chaque date correspond à une étape différente : fondation d'Android Inc. en 2003, rachat par Google en 2005, annonce publique d'Android en novembre 2007, présentation du HTC Dream le 23 septembre 2008 et commercialisation américaine le 22 octobre 2008.