Douze humains ont marché sur la Lune, au cours de six missions Apollo réussies: Neil Armstrong, Buzz Aldrin, Pete Conrad, Alan Bean, Alan Shepard, Edgar Mitchell, David Scott, James Irwin, John Young, Charles Duke, Eugene Cernan et Harrison Schmitt. Tous étaient américains. Deux astronautes descendaient sur le sol lunaire à chaque mission, tandis qu'un troisième restait en orbite dans le module de commande.
La liste des douze marcheurs lunaires, mission par mission
Les missions habitées ayant atteint la surface se sont succédé d'Apollo 11 à Apollo 17, à l'exception d'Apollo 13, qui n'a pas aluni. L'ordre ci-dessous suit les missions et, pour chacune, l'ordre dans lequel les astronautes ont posé le pied sur la Lune.
- Apollo 11: Neil Armstrong et Buzz Aldrin. Ils ont exploré la mer de la Tranquillité. Armstrong est devenu le premier humain à marcher sur la Lune, suivi par Aldrin.
- Apollo 12: Pete Conrad et Alan Bean. Ils ont aluni dans l'océan des Tempêtes, près de la sonde Surveyor 3, démontrant la précision accrue des atterrissages.
- Apollo 14: Alan Shepard et Edgar Mitchell. Leur terrain d'exploration était la formation Fra Mauro, initialement visée par Apollo 13.
- Apollo 15: David Scott et James Irwin. Ils ont travaillé dans la région de Hadley-Apennins, entre montagnes, plaine et rainure lunaire.
- Apollo 16: John Young et Charles Duke. Ils ont exploré les hauts plateaux de Descartes, un site choisi pour étudier des terrains différents des plaines basaltiques.
- Apollo 17: Eugene Cernan et Harrison Schmitt. Ils ont parcouru la vallée de Taurus-Littrow. Cernan demeure le dernier humain à avoir quitté le sol lunaire, tandis que Schmitt est le seul géologue professionnel à y avoir marché.
Michael Collins, Richard Gordon, Stuart Roosa, Alfred Worden, Thomas Mattingly et Ronald Evans ont participé respectivement à ces missions sans marcher sur la Lune: ils pilotaient seuls le module de commande en orbite lunaire. Pour Apollo 11, la distinction entre les fonctions de l'équipage est détaillée dans le dossier consacré aux rôles d'Armstrong, Aldrin et Collins.
Six sites choisis pour des objectifs différents
Les lieux d'alunissage ne constituaient pas une répétition du même paysage. Les premières missions privilégiaient notamment la sécurité et la maîtrise opérationnelle. Les suivantes ont recherché des terrains capables d'apporter des informations nouvelles sur l'histoire géologique de la Lune.
- Mer de la Tranquillité: une plaine relativement régulière adaptée à une première tentative habitée.
- Océan des Tempêtes: un site permettant de rejoindre un engin automatique déjà posé et d'en rapporter des éléments.
- Fra Mauro: une région couverte de matériaux associés à un très ancien impact majeur.
- Hadley-Apennins: un environnement spectaculaire réunissant reliefs élevés et profonde rainure.
- Hauts plateaux de Descartes: une zone choisie pour examiner la nature des terrains clairs et anciens.
- Taurus-Littrow: une vallée offrant l'accès à des matériaux variés, dont des dépôts volcaniques et des roches anciennes.
Ces sites lunaires sont aujourd'hui des lieux patrimoniaux sans accueil physique du public. Leur préservation soulève donc une question singulière, comparable par certains aspects aux enjeux rappelés lors de la Journée internationale des monuments et des sites, mais dans un environnement où aucune visite ordinaire n'est possible.
Des sorties de plus en plus longues et mobiles
Apollo 11 ne comportait qu'une sortie d'environ deux heures et demie. Apollo 12 en réalisa deux, comme Apollo 14. A partir d'Apollo 15, chaque équipage de surface effectua trois grandes excursions et utilisa un véhicule lunaire. Le temps cumulé passé à travailler dehors passa ainsi de quelques heures à plus de vingt heures lors d'Apollo 16 et d'Apollo 17.
Le rover lunaire employé pendant les trois dernières missions changea l'échelle des opérations. Les astronautes purent s'éloigner davantage du module, transporter plus facilement les outils et les échantillons, puis multiplier les stations d'observation. Cette mobilité ne transformait pas la Lune en espace librement parcouru: les trajets restaient planifiés en fonction de l'autonomie, du relief, des communications et de la possibilité de revenir au module.
Les six alunissages montrent le passage d'une démonstration de faisabilité à de véritables campagnes d'exploration scientifique.
Les cartes et photographies permettent désormais de replacer précisément les parcours dans le relief, une manière de lire l'espace qui rappelle l'importance culturelle prise par la cartographie numérique depuis l'apparition de Google Maps, même si les cartes lunaires reposent sur des données et des contraintes très différentes.
Comment la science a progressé jusqu'à Apollo 17
Au fil du programme, les équipages ont consacré davantage de temps à la géologie de terrain. Ils observaient les affleurements, décrivaient les sols, photographiaient leur contexte et prélevaient des roches avant de déployer ou d'entretenir des instruments. Les échantillons n'étaient donc pas de simples souvenirs: leur emplacement et leur environnement contribuaient à leur valeur scientifique.
Apollo 12 a notamment prouvé qu'un équipage pouvait se poser près d'une cible déterminée. Apollo 14 a poursuivi l'étude de Fra Mauro. Apollo 15 a inauguré les missions dites de type J, conçues pour des séjours plus longs, une mobilité accrue et une production scientifique renforcée. Apollo 16 a confronté certaines interprétations préparées avant le vol à la réalité des hauts plateaux. Apollo 17 a porté cette logique à son niveau le plus abouti, avec Schmitt capable d'appliquer directement sa formation de géologue sur le terrain.
La connaissance de ces missions s'est ensuite diffusée par les archives, les ouvrages et les ressources numériques. L'essor du Web a profondément facilité l'accès public aux documents historiques, tandis que des projets collectifs comme Wikipédia ont rendu familières les listes d'équipages. Les images lunaires circulent aussi dans la culture visuelle contemporaine, notamment sur des plateformes associées à l'anniversaire d'Instagram.
Qui fut le premier et qui fut le dernier?
Neil Armstrong fut le premier des douze marcheurs lunaires. Eugene Cernan fut le dernier à quitter la surface, après Harrison Schmitt, lors d'Apollo 17. Ces deux repères encadrent toute la période des alunissages humains du programme Apollo. La date et la portée historique du commencement sont présentées sur la page consacrée à l'anniversaire de la première marche humaine sur la Lune.
L'imaginaire de l'exploration spatiale dépasse toutefois l'histoire scientifique. Le succès culturel de récits comme Star Wars en France en témoigne, mais il faut distinguer ces univers de fiction des objectifs documentés des missions Apollo: atteindre des sites précis, travailler à leur surface, rapporter des échantillons et améliorer la compréhension de la Lune.
Déplacements d'astronautes sur la Lune (missions Apollo)
Questions fréquentes
Combien de personnes ont marché sur la Lune?
Douze personnes ont marché sur la Lune. Elles formaient six binômes, un pour chacune des missions Apollo 11, 12, 14, 15, 16 et 17.
Pourquoi les pilotes du module de commande n'ont-ils pas marché sur la Lune?
Pendant que deux astronautes descendaient avec le module lunaire, le pilote du module de commande restait seul en orbite. Il devait maintenir le vaisseau principal opérationnel, réaliser des observations et préparer le rendez-vous avec ses coéquipiers.
Quel astronaute a marché deux fois sur la Lune?
Aucun. Plusieurs astronautes ont voyagé deux fois vers la Lune ou participé à plusieurs missions Apollo, mais chacun des douze marcheurs n'a effectué qu'un seul séjour à la surface.
Qui est le seul scientifique à avoir marché sur la Lune?
Harrison Schmitt, membre d'Apollo 17, était géologue de formation et astronaute-scientifique. Les autres marcheurs étaient principalement issus du corps des pilotes militaires, tout en ayant reçu une formation géologique pour leurs missions.
Pourquoi Apollo 13 ne figure-t-elle pas dans la liste?
Apollo 13 devait alunir dans la région de Fra Mauro, mais un grave incident survenu pendant le trajet a entraîné l'annulation de l'atterrissage. L'équipage a contourné la Lune avant de revenir sur Terre sans marcher à sa surface.