Les étapes du Hadj expliquées jour par jour
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Les rites du Hadj suivent une progression précise du 8 au 13 Dhou al-Hijja : entrée en état d'ihram, séjour à Mina, station à Arafat, nuit à Muzdalifah, lapidation des stèles, sacrifice, coupe des cheveux et rites accomplis à La Mecque. Certains gestes constituent des piliers indispensables, tandis que d'autres sont des obligations ou des pratiques recommandées. Leur ordre peut parfois être aménagé selon les circonstances et l'avis juridique suivi.

Les mots indispensables pour suivre la chronologie

Avant de parcourir les journées, quelques termes permettent de distinguer les lieux, les états rituels et les gestes souvent confondus :

  • Ihram : état de consécration rituelle dans lequel le pèlerin formule son intention et observe des interdictions particulières. Le mot peut aussi désigner, par extension, la tenue masculine associée à cet état.
  • Talbiya : invocation prononcée après l'entrée en ihram et répétée pendant le parcours, jusqu'au moment prévu par le rite.
  • Wuquf : station ou présence rituelle. Le wuquf à Arafat est un pilier central du Hadj.
  • Tawaf : circumambulation de sept tours autour de la Kaaba. Le tawaf al-ifada ne doit pas être confondu avec le tawaf d'adieu.
  • Sa'i : parcours de sept trajets entre Safa et Marwa, commencé à Safa et terminé à Marwa.
  • Jamarat : trois stèles situées à Mina. La lapidation rituelle consiste à lancer de petits cailloux sur leur emplacement, non à viser un monument symbolisant matériellement Satan.
  • Tahallul : sortie partielle puis complète de l'état d'ihram, à mesure que les rites requis sont accomplis.

Les qualifications juridiques et certains détails diffèrent selon les écoles. Il faut donc suivre les indications religieuses et pratiques correspondant à son groupe, sans modifier seul une séquence encadrée.

8 Dhou al-Hijja : entrer en ihram et rejoindre Mina

Le 8, appelé jour de Tarwiya, le pèlerin se place en état d'ihram s'il n'y est plus, formule l'intention correspondant à son pèlerinage et prononce la talbiya. Il rejoint ensuite Mina, vallée située à proximité de La Mecque.

La journée et la nuit sont consacrées à la prière, à l'invocation et à la préparation de l'étape d'Arafat. Les prières de quatre unités sont généralement raccourcies à deux, sans être regroupées, selon les règles applicables. Le départ vers Arafat intervient le matin du 9. Ce séjour à Mina fait partie de la pratique rituelle, mais il n'a pas le même statut que la station à Arafat.

9 Dhou al-Hijja : Arafat, puis Muzdalifah

La station à Arafat

Le 9, le pèlerin gagne Arafat. Il y accomplit la station rituelle, prie et multiplie les invocations. La présence à Arafat pendant le temps prescrit est un pilier du Hadj : elle ne peut pas être remplacée par une compensation matérielle. Il faut distinguer Arafat de la mosquée sacrée et de Mina ; ce sont des lieux différents reliés par des déplacements organisés.

Le pèlerin reste à Arafat jusqu'au coucher du soleil lorsqu'il y est arrivé dans la journée. Il ne commence pas la prière du coucher du soleil sur place, mais part calmement vers Muzdalifah après le crépuscule.

La nuit à Muzdalifah

À Muzdalifah, les prières du coucher du soleil et de la nuit sont accomplies selon les modalités du Hadj. Le pèlerin y passe tout ou partie de la nuit selon sa situation et l'avis suivi, puis accomplit la prière de l'aube et invoque Dieu avant de repartir vers Mina.

Les petits cailloux destinés aux jamarat peuvent être ramassés à Muzdalifah ou ailleurs. Ils doivent être de petite taille. Il n'est pas nécessaire de laver les cailloux, et les lancer ne constitue pas une invitation à la colère ou aux gestes dangereux.

10 Dhou al-Hijja : les grands rites du jour du sacrifice

À Mina, quatre opérations principales peuvent se succéder. Des aménagements d'ordre sont reconnus lorsqu'une contrainte, un oubli ou l'organisation des déplacements l'exige :

  1. Lancer sept cailloux sur Jamrat al-Aqaba, la grande stèle, un par un, en prononçant la formule prévue à chaque lancer.
  2. Accomplir le sacrifice lorsqu'il est requis par la formule de pèlerinage choisie ou par une situation particulière.
  3. Se raser ou se raccourcir les cheveux. Le rasage et la simple coupe n'ont pas exactement la même valeur recommandée, mais tous les pèlerins ne sont pas soumis aux mêmes modalités.
  4. Effectuer le tawaf al-ifada à La Mecque, en accomplissant sept tours autour de la Kaaba.
  5. Accomplir le sa'i s'il reste dû dans la formule suivie, entre Safa et Marwa.

La lapidation de Jamrat al-Aqaba, le sacrifice et la coupe des cheveux sont trois gestes distincts. La coupe permet une première sortie des interdictions de l'ihram selon les conditions retenues. Le tawaf al-ifada est, quant à lui, un pilier : il ne doit pas être confondu avec le tawaf d'adieu effectué avant de quitter La Mecque. Pour replacer ces lieux dans l'ensemble du Hadj et du pèlerinage à La Mecque, il est utile de garder en tête les trajets entre Mina, Arafat, Muzdalifah et la Mosquée sacrée.

Du 11 au 13 : lapider les trois stèles et achever le séjour

Les 11 et 12 sont les jours de Tachriq. Le pèlerin séjourne à Mina et lapide les trois jamarat, dans l'ordre : la petite, la moyenne, puis la grande. Il lance sept cailloux sur chacune, soit vingt et un lancers par jour. Le temps rituel commence traditionnellement après le déclin du soleil, avec des modalités pratiques pouvant être adaptées par les autorités et les avis juridiques en cas de forte affluence ou de nécessité.

Après la petite et la moyenne stèle, il est recommandé de s'écarter et d'invoquer Dieu. Après la grande, le pèlerin poursuit son chemin sans accomplir la même station d'invocation.

Le départ de Mina peut avoir lieu le 12 pour celui qui part dans le délai reconnu. Celui qui reste accomplit de nouveau les vingt et un lancers le 13, puis quitte Mina. Avant son départ définitif de La Mecque, le pèlerin accomplit le tawaf d'adieu lorsqu'il lui est applicable. Ce tawaf clôt le séjour : il ne remplace ni le tawaf al-ifada ni un sa'i encore dû.

Questions fréquentes

Peut-on changer l'ordre des rites accomplis le 10 Dhou al-Hijja ?

Une certaine souplesse est reconnue entre la lapidation de la grande stèle, le sacrifice, la coupe des cheveux, le tawaf al-ifada et le sa'i. L'ordre habituel reste un repère, mais une contrainte ou une erreur ne rend pas automatiquement le Hadj invalide.

Quelle est la différence entre le tawaf al-ifada et le tawaf d'adieu ?

Le tawaf al-ifada est un pilier du Hadj accompli à partir du jour du sacrifice. Le tawaf d'adieu intervient avant de quitter La Mecque et possède un autre statut juridique. L'un ne peut donc pas simplement remplacer l'autre.

Combien de cailloux faut-il lancer pendant les jours de Mina ?

Le 10, sept cailloux sont lancés uniquement sur Jamrat al-Aqaba. Les 11 et 12, sept cailloux sont lancés sur chacune des trois stèles, soit vingt et un par jour. Le même total s'ajoute le 13 pour celui qui reste.

Que se passe-t-il si un pèlerin manque une obligation du Hadj ?

La conséquence dépend du rite omis, de la raison de l'omission et de l'école juridique suivie. Certaines obligations peuvent appeler une compensation, contrairement aux piliers qui doivent être accomplis. Il convient de demander un avis qualifié adapté au cas précis.

Le sa'i doit-il toujours être accompli juste après le tawaf al-ifada ?

Le sa'i est normalement lié à un tawaf valide, mais son moment précis dépend du parcours déjà accompli et de la formule de pèlerinage. Tous les pèlerins ne suivent donc pas exactement la même séquence sur ce point.

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