Organiser une action pour la Journée internationale de l'homme
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Une action réussie pour la Journée internationale de l'homme repose sur six décisions simples : définir un objectif, connaître son public, choisir un format réaliste, mobiliser les bonnes compétences, préparer des ressources d'orientation et organiser la modération. L'événement peut prendre la forme d'un atelier scolaire, d'une conversation familiale, d'une rencontre associative ou d'une action en entreprise, à condition de privilégier l'écoute et des résultats concrets.

Construire l'action en six étapes

Commencez par formuler une intention en une phrase. Une action peut favoriser l'expression des émotions, valoriser des modèles masculins bienveillants, prévenir les violences, interroger les stéréotypes ou mieux faire connaître des ressources d'aide. Évitez de réunir tous ces sujets dans une seule séance : un objectif limité facilite la préparation et l'évaluation.

  1. Identifier le public : précisez son âge, son contexte, ses attentes et son degré de familiarité avec le sujet.
  2. Définir un résultat observable : faire connaître trois ressources, recueillir des propositions ou permettre à chaque participant de repartir avec un engagement concret.
  3. Choisir un format : atelier, discussion guidée, exposition, témoignage, activité créative ou campagne interne.
  4. Fixer le cadre : durée, lieu, nombre de participants, inscription éventuelle, règles de confidentialité et accessibilité.
  5. Répartir les rôles : animation, accueil, modération, gestion du temps, orientation et collecte des retours.
  6. Préparer l'après : transmettre les ressources promises, répondre aux demandes et consigner les améliorations nécessaires.

Si l'action aborde l'égalité, la dignité ou les discriminations, elle peut s'appuyer sur les principes généraux mis en lumière par la Journée des droits de l'homme. Pour un groupe mêlant plusieurs générations, les pratiques d'écoute associées à la Journée internationale pour les personnes âgées offrent aussi un prolongement pertinent.

Choisir une activité selon le public

A l'école : apprendre à nommer et à questionner

Avec des élèves, privilégiez une activité courte, structurée et adaptée à leur âge. Un atelier peut partir de phrases comme « un garçon doit toujours être fort » ou « certains métiers sont réservés aux hommes ». Les élèves les classent, expliquent leurs choix, puis recherchent des reformulations qui laissent davantage de liberté à chacun. Une autre option consiste à créer une galerie de personnages masculins réels ou fictifs illustrant l'entraide, le soin, le courage moral ou la créativité.

L'enseignant doit annoncer que personne n'est obligé de raconter une expérience personnelle. Pour un travail sur les identités et le respect des parcours individuels, la Journée internationale des personnes non binaires permet d'élargir la réflexion sans enfermer les élèves dans une vision rigide du genre.

En famille : ouvrir une conversation intergénérationnelle

Proposez un tour de parole autour de trois questions : « Qu'ai-je appris des hommes de ma famille ? », « Qu'aimerais-je transmettre différemment ? » et « De quel soutien les garçons et les hommes peuvent-ils avoir besoin ? ». Chacun peut répondre oralement ou par écrit. Une activité complémentaire consiste à réaliser un arbre des qualités transmises entre générations, sans limiter les liens à la filiation biologique.

Cette approche rejoint les échanges intergénérationnels encouragés lors de la Journée internationale des familles. Le but n'est pas de désigner un modèle familial idéal, mais de reconnaître la diversité des expériences et des figures de soutien.

En association : relier la parole à une ressource locale

Une association peut organiser un café-débat, un groupe de parole encadré, une rencontre avec des professionnels ou un atelier consacré à l'accès aux droits. Le format le plus utile associe un temps d'expression à une information pratique : contacts sociaux, services de santé, accompagnement parental, aide aux victimes ou dispositifs d'écoute disponibles sur le territoire.

Pour un public culturellement divers, préparez un vocabulaire compréhensible et laissez les participants définir eux-mêmes leur expérience. Les principes de dialogue portés par la Journée mondiale de la diversité culturelle peuvent guider cette préparation.

En entreprise : partir d'une situation de travail précise

En entreprise, évitez l'événement purement symbolique. Choisissez un sujet lié au quotidien professionnel : parentalité, équilibre des temps de vie, santé au travail, demande d'aide, comportements sexistes, management ou prévention des violences. Un atelier de situations peut inviter de petits groupes à analyser un cas fictif, à repérer les obstacles et à proposer une réponse conforme aux procédures internes.

Les fonctions utiles à solliciter sont les ressources humaines, la médecine du travail selon l'organisation applicable, les représentants du personnel, les responsables de prévention et les personnes formées à l'écoute. Les coordonnées des canaux internes doivent être exactes et accessibles après la séance.

Solliciter les compétences et préparer l'orientation

Un animateur n'a pas à se substituer à un médecin, un psychologue, un travailleur social ou un juriste. Lorsqu'un thème sensible est prévu, demandez à un professionnel compétent de relire le déroulé ou de participer à la rencontre. Vérifiez son rôle, son expérience du public concerné et les limites de son intervention.

  • Préparez une fiche courte avec les services internes ou locaux réellement accessibles.
  • Distinguez les ressources d'urgence, d'écoute, de soin, de soutien social et d'information juridique.
  • Vérifiez les coordonnées et les modalités d'accès avant leur diffusion.
  • Prévoyez une version imprimée et une version numérique accessible.
  • Indiquez clairement que l'événement ne remplace pas un accompagnement individuel.

Si la séance évoque les violences sexistes ou intrafamiliales, ne mettez jamais en concurrence les expériences. Une ressource consacrée à la prévention des violences à l'égard des femmes peut aider à inscrire l'action dans une approche cohérente de protection et de responsabilité.

Modérer sans minimiser ni opposer

Un espace de parole utile accueille les expériences sans autoriser les attaques, les généralisations ou la mise en cause d'autres groupes.

Annoncez les règles au début : parler en son nom, ne pas interrompre, respecter la confidentialité, éviter les diagnostics sur autrui et permettre à chacun de ne pas répondre. La personne chargée de la modération doit pouvoir interrompre une remarque discriminatoire, reformuler une généralisation et recentrer l'échange sur l'objectif.

Prévoyez aussi une procédure si une personne révèle une situation grave. Il faut l'écouter sans mener d'enquête publique, ne pas promettre un secret impossible à garantir et proposer un échange confidentiel avec un interlocuteur compétent. En cas de danger immédiat, les procédures d'urgence applicables priment sur le programme prévu.

Evaluer les retours et décider d'une suite

L'évaluation peut rester très simple. A la fin, demandez ce qui a été utile, ce qui a manqué et quelle action devrait suivre. Un questionnaire anonyme convient aux groupes où la liberté de parole peut être limitée. Ne demandez pas de détails intimes pour mesurer la réussite.

  • Le public visé a-t-il effectivement participé ?
  • L'objectif annoncé a-t-il été compris et traité ?
  • Les règles ont-elles permis une discussion respectueuse ?
  • Les ressources d'orientation ont-elles été consultées ou demandées ?
  • Une demande de suivi, de formation ou de nouvelle rencontre ressort-elle ?

Consignez seulement les informations nécessaires, sans attribuer les propos sensibles à des personnes. L'étape finale consiste à choisir une suite réaliste : diffuser une ressource, améliorer une procédure, former des animateurs ou programmer un atelier plus ciblé.

EN VIDÉO

International men's day. Greeting card making activity for their fathers.

16:9

Chaîne : Little Munchkins · Durée : 0:26

Questions fréquentes

Combien de temps prévoir pour une action ?

Un atelier ciblé peut tenir en 45 à 90 minutes. Une rencontre avec plusieurs intervenants demande davantage de temps, notamment pour les questions. Réservez toujours quelques minutes à la présentation du cadre, aux ressources d'orientation et au recueil des retours.

Faut-il réserver l'activité aux hommes et aux garçons ?

Non. Le choix dépend de l'objectif. Un groupe ouvert favorise le dialogue collectif, tandis qu'un espace réservé peut faciliter certaines prises de parole. Il faut annoncer clairement le public concerné et prévoir, si nécessaire, d'autres possibilités d'expression.

Comment trouver un intervenant compétent ?

Recherchez une personne dont la qualification correspond exactement au sujet : santé, travail social, droit, prévention ou animation. Demandez-lui de préciser son expérience, son cadre d'intervention et la manière dont elle orientera une personne ayant besoin d'un suivi individuel.

Que faire si le débat devient conflictuel ?

Rappelez la règle enfreinte, interrompez les attaques personnelles et reformulez le désaccord en question concrète. Si la sécurité ou la dignité d'un participant n'est plus garantie, suspendez l'échange. Un débat n'a pas à continuer à tout prix.

Comment organiser une action avec peu de moyens ?

Choisissez un objectif unique, un groupe réduit et un format sans matériel complexe. Une discussion guidée, une analyse de situations fictives ou la création collective d'une fiche de ressources peuvent être réalisées avec une salle, un animateur préparé et quelques supports imprimés.

Quels retours faut-il conserver après l'événement ?

Conservez les appréciations anonymes, les besoins collectifs exprimés et les améliorations proposées. Evitez d'archiver des récits personnels ou des informations de santé non nécessaires. Le bilan doit servir à améliorer l'action, pas à constituer un dossier sur les participants.

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