La couche d’ozone n’est pas une “pellicule” uniforme : c’est une zone de la stratosphère où la quantité d’ozone est relativement élevée, parce que sa formation y est favorisée par le rayonnement solaire. Son rôle essentiel est de filtrer une part importante des ultraviolets. Pour situer le sujet dans le contexte, cette protection est au cœur de la Journée internationale pour la protection de la couche d’ozone, célébrée chaque 16 septembre.
Ozone stratosphérique et ozone troposphérique : deux réalités opposées
L’ozone stratosphérique (en altitude) est majoritairement bénéfique : il absorbe des UV énergétiques et limite ce qui atteint la surface. On parle de “couche d’ozone” par commodité, même si l’ozone y reste un gaz très dilué.
L’ozone troposphérique (près du sol) est, lui, un polluant : il irrite les voies respiratoires, abîme les végétaux et participe au smog photochimique. Il ne provient pas d’un “effondrement” direct de la couche d’ozone, mais se forme surtout par réactions chimiques entre oxydes d’azote et composés organiques volatils sous l’action du soleil. Distinguer clairement ces deux ozones évite un contresens fréquent : “plus d’ozone” n’est pas toujours une bonne nouvelle.
Comment l’ozone se forme et se détruit naturellement en altitude
Dans la stratosphère, l’ozone résulte d’un équilibre dynamique. La lumière UV la plus énergétique peut casser une molécule de dioxygène (O2) en deux atomes d’oxygène (O). Un atome d’oxygène peut ensuite se recombiner avec O2 (avec l’aide d’une troisième molécule qui emporte l’excès d’énergie) pour former de l’ozone (O3).
Mais cet ozone n’est pas stable : il peut à son tour être photodissocié par les UV, ou réagir avec un atome d’oxygène pour redevenir O2. Autrement dit, la “couche” existe parce que la production et la destruction naturelles se répondent en continu. La quantité d’ozone varie donc selon l’altitude, la latitude, la saison et la dynamique des masses d’air.
Quelles catégories d’UV la couche d’ozone filtre-t-elle ?
Les ultraviolets solaires sont classés selon leur longueur d’onde, ce qui correspond à leur énergie et à leur capacité à provoquer des effets biologiques.
- UVC : les plus énergétiques et les plus dangereux. Ils sont en grande partie arrêtés avant d’atteindre le sol, grâce à l’absorption par l’oxygène et l’ozone en altitude.
- UVB : une partie est absorbée par l’ozone stratosphérique, et une partie atteint la surface. Ce sont ceux qui contribuent fortement aux coups de soleil et à des dommages de l’ADN.
- UVA : ils sont moins absorbés par l’ozone et parviennent largement au sol. Ils participent notamment au vieillissement cutané et peuvent aussi contribuer aux risques pour la santé.
Quand l’ozone stratosphérique diminue, l’augmentation la plus sensible concerne typiquement le flux d’UVB reçu au sol, car c’est dans cette bande que l’ozone joue un rôle de filtre particulièrement important.
Mesurer l’ozone : “colonne” d’ozone et unités courantes
Pour parler de “trou d’ozone”, on ne mesure pas seulement une concentration locale à une altitude donnée : on considère souvent la quantité totale d’ozone dans une colonne d’air, depuis le sol jusqu’au sommet de l’atmosphère. Cette approche est pratique pour comparer des régions, suivre les variations saisonnières et relier l’ozone à l’absorption des UV.
Deux repères à connaître
- La colonne d’ozone : elle exprime l’ozone total intégré verticalement. C’est l’unité la plus intuitive pour décrire un appauvrissement “global” au-dessus d’une zone.
- Le profil vertical : il décrit comment l’ozone est réparti selon l’altitude. Deux colonnes similaires peuvent cacher des répartitions différentes, ce qui compte pour la chimie et le transport atmosphérique.
En pratique, les observations combinent des mesures au sol, des ballons-sondes et des instruments satellitaires. L’important, pour comprendre le phénomène, est de retenir qu’un “trou” désigne surtout un appauvrissement marqué de la colonne sur une vaste région, et non un vide dans l’air.
Pourquoi le “trou d’ozone” est surtout antarctique
L’appauvrissement printanier au-dessus de l’Antarctique est un cas particulier où la chimie et la météo se renforcent. En hiver austral, l’air stratosphérique au-dessus du continent est isolé par un vortex polaire : une circulation qui limite les échanges avec les moyennes latitudes. Les températures très basses favorisent la formation de nuages stratosphériques polaires, sur lesquels des réactions transforment des espèces chimiques du chlore et du brome en formes capables de détruire l’ozone de manière très efficace dès que la lumière revient au printemps.
Le retour du soleil déclenche alors une phase de destruction rapide, avant que le vortex ne se fragmente et que l’air plus riche en ozone des latitudes voisines ne se mélange à nouveau. Ce mécanisme explique à la fois l’intensité et la saisonnalité du phénomène. D’autres régions peuvent connaître des baisses d’ozone, mais l’Antarctique réunit des conditions particulièrement favorables à un épisode massif et récurrent.
À retenir en 7 points :
- La “couche” correspond à une zone stratosphérique riche en ozone, pas à un écran solide.
- La formation dépend de la photodissociation de O2 et de recombinaisons produisant O3.
- L’ozone est naturellement détruit par la lumière et par réactions avec l’oxygène atomique.
- Le filtre est crucial pour les UVC (quasi bloqués) et une partie des UVB (sensibles aux variations d’ozone).
- Les UVA traversent beaucoup plus, même quand l’ozone est élevé.
- Le “trou” décrit un fort appauvrissement de la colonne d’ozone, pas une cavité.
- L’Antarctique est un cas extrême à cause du vortex polaire, du froid et des nuages stratosphériques polaires.
Questions fréquentes
Pourquoi dit-on «trou» alors qu'il n'y a pas de vide dans l'atmosphère ?
L'expression est imagée : il s'agit d'un appauvrissement important de l'ozone total au-dessus d'une région, mesuré sur une colonne d'air. L'air est toujours présent ; c'est la quantité d'ozone qui diminue fortement pendant une période donnée.
Une baisse d'ozone en altitude augmente-t-elle l'ozone près du sol ?
Pas directement. L'ozone troposphérique se forme surtout par réactions photochimiques entre polluants (oxydes d'azote, composés organiques volatils) sous l'effet du soleil. L'appauvrissement stratosphérique concerne un autre réservoir et d'autres mécanismes.
Pourquoi le phénomène est-il plus marqué au pôle Sud qu'au pôle Nord ?
La stratosphère antarctique est souvent plus froide et plus durablement isolée par un vortex polaire robuste. Ces conditions favorisent les nuages stratosphériques polaires et une chimie très efficace de destruction de l'ozone au retour du soleil, rendant l'épisode plus intense.
À quoi servent les profils verticaux d'ozone si la colonne totale existe déjà ?
La colonne totale résume la quantité d'ozone intégrée, mais ne dit pas à quelles altitudes il se trouve. Les profils verticaux aident à comprendre la chimie, le transport et les zones où la destruction est active, ce qui éclaire l'interprétation des variations observées.
Quelles longueurs d'onde sont les plus «sensibles» aux variations de la couche d'ozone ?
Les UVB sont particulièrement sensibles, car l'ozone les absorbe fortement : une diminution d'ozone peut entraîner une hausse notable des UVB au sol. Les UVC sont en grande partie stoppés plus haut, et les UVA sont moins contrôlés par l'ozone.