Quels sont les sept arts et cette liste est-elle encore valable?
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À l’occasion de la Journée mondiale de l’art, la question des « sept arts » revient souvent : existe-t-il une liste officielle et immuable? En réalité, plusieurs systèmes historiques coexistent. On retient généralement une liste « classique » popularisée au XXe siècle, mais l’apparition de nouveaux médiums et de pratiques hybrides a déplacé les frontières, sans rendre l’ancienne grille inutile.

Une expression pratique, pas une liste universelle

Dire « les sept arts » revient surtout à utiliser un outil de classement. Selon les contextes, l’objectif varie : distinguer les arts liés à l’espace (architecture, sculpture), ceux du temps (musique), ceux du récit (littérature), ou encore les arts de l’image. Historiquement, les catégories ont bougé avec les techniques (imprimerie, photographie, cinéma, numérique), avec les institutions (académies, musées, conservatoires) et avec les usages sociaux (spectacle, design, médias).

Il n’existe donc pas une seule liste « vraie » : il existe une liste couramment citée, et des variantes qui reflètent des débats sur ce qu’on considère comme art, sur le rôle de l’auteur, et sur la place de la reproduction et des médias de masse.

La liste la plus couramment citée des sept arts

Quand on parle aujourd’hui des « sept arts », on vise le plus souvent un classement qui intègre le cinéma comme septième art. Dans cette version, la photographie est généralement rattachée aux arts visuels plutôt que comptée séparément.

  • 1. Architecture
  • 2. Sculpture
  • 3. Peinture (souvent élargie aux arts graphiques)
  • 4. Musique
  • 5. Littérature (dont poésie et théâtre comme texte)
  • 6. Arts de la scène (théâtre, danse, parfois performance au sens large)
  • 7. Cinéma

Cette liste a l’avantage d’être mémorisable et de couvrir des formes majeures. Mais elle mélange des critères différents : un médium (peinture), un lieu/usage (architecture), un mode de diffusion (cinéma), et un type d’expérience (arts de la scène). C’est pourquoi elle est régulièrement discutée.

Pourquoi le classement change selon les époques

Les variations viennent d’au moins trois tensions durables :

  • Technique vs. intention artistique : une nouvelle technique (photo, vidéo, 3D) peut d’abord être vue comme outil, puis comme art autonome.
  • Œuvre unique vs. reproductible : l’imprimé, la photographie et le cinéma interrogent l’original, l’édition, la copie, et la diffusion.
  • Art « pur » vs. art appliqué : design, mode, architecture d’intérieur, graphisme ou jeu vidéo se situent souvent entre création, usage et industrie.

À cela s’ajoute une réalité simple : les pratiques artistiques ne se laissent pas toujours enfermer dans des cases. Une installation peut mobiliser image, son, texte et espace; une œuvre scénique peut intégrer vidéo et dispositifs numériques; un projet de design peut être conceptuel autant que fonctionnel.

Ce que la photographie, la BD, le design et le numérique déplacent

La liste « classique » ne disparaît pas, mais elle ne suffit pas à décrire le paysage contemporain. Plusieurs domaines gagnent en autonomie ou en visibilité :

  • Photographie : tantôt considérée comme branche des arts visuels, tantôt comme art à part entière, elle oscille entre document, reportage, expérimentation et création plastique.
  • Bande dessinée : art du récit en images, elle combine dessin, rythme, mise en page, texte et parfois couleur comme langage complet.
  • Design : graphisme, objet, interface, service... Il pose la question de l’usage, de l’industrie et de la responsabilité, tout en développant des démarches d’auteur.
  • Arts numériques : de l’image générée à l’installation interactive, ils déplacent l’idée d’œuvre vers le code, le dispositif, l’expérience et la participation.
  • Performance : proche des arts de la scène mais souvent moins narrative, elle met l’accent sur le geste, le temps réel, le corps, l’espace et le contexte.
  • Pratiques hybrides : installation, art sonore, vidéo, art participatif... Elles brouillent volontairement les catégories en combinant médias et modes de présentation.

Ces déplacements ne signifient pas que « tout se vaut », mais que les critères changent : on peut classer par médium, par expérience (immersive, interactive), par mode de production (édition, diffusion), ou par finalité (usage, critique, narration).

Faut-il encore parler des sept arts?

Oui, si l’on comprend l’expression comme une porte d’entrée plutôt que comme un inventaire définitif. Elle aide à situer des repères culturels, à organiser une initiation, ou à comparer des traditions. En revanche, pour décrire la création actuelle, il est souvent plus juste de parler de familles de pratiques (arts visuels, arts vivants, arts médiatiques, arts appliqués) et d’assumer que certaines œuvres traversent plusieurs champs.

Un bon réflexe : demander « selon quel critère classe-t-on? »

Avant de chercher une « vraie » liste, précisez le but : enseigner des bases, cartographier des institutions, décrire une œuvre, ou comprendre un médium. Le bon classement est celui qui éclaire la question posée, pas celui qui prétend tout contenir.

Questions fréquentes

Le cinéma est-il toujours considéré comme le « septième art »?

Dans l'usage courant, oui : l'expression « septième art » désigne encore le cinéma. Mais selon les cadres (enseignement, critique, institutions), on peut privilégier d'autres découpages, par exemple en regroupant par médiums ou en distinguant arts visuels, vivants et médiatiques.

Où placer le théâtre et la danse dans cette grille?

Ils sont généralement réunis dans les arts de la scène (ou arts vivants). Certaines listes les séparent, d'autres les relient à la littérature via le texte dramatique. Tout dépend si l'on classe par écriture, par interprétation, ou par expérience en direct.

La photographie devrait-elle être un art autonome dans la liste?

La photographie peut être incluse dans les arts visuels (avec peinture et arts graphiques) ou être comptée à part. Son statut varie selon qu'on insiste sur la technique, sur l'auteur, sur la reproductibilité, ou sur ses usages documentaires et artistiques.

Pourquoi la bande dessinée est-elle parfois appelée « neuvième art »?

Cette appellation traduit une volonté de reconnaître la BD comme un art à part entière, avec son langage propre (séquence, cadrage, page, rythme). Elle ne remplace pas la liste des sept arts : elle la prolonge ou la conteste selon les auteurs.

Les arts numériques et le jeu vidéo entrent-ils dans un classement des arts?

Ils peuvent y entrer si l'on adopte un classement ouvert, fondé sur l'expérience esthétique, la création et la réception. Les arts numériques se situent souvent entre image, son, code et interaction; le jeu vidéo ajoute des règles et une part d'action du public.

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