Les dates orthodoxes diffèrent parce que toutes les Églises n'emploient pas le même calendrier pour organiser l'année liturgique. Trois systèmes se rencontrent principalement : le calendrier julien, le calendrier grégorien et le calendrier julien révisé. Leur usage ne produit pas toujours la même date civile pour les fêtes fixes. Les fêtes mobiles, notamment Pâques et celles qui en dépendent, obéissent en outre à un calcul distinct.
Quels sont les trois calendriers rencontrés dans l'orthodoxie ?
Le calendrier julien, instauré dans l'Antiquité romaine, reste le calendrier liturgique de plusieurs Églises orthodoxes. Sa règle des années bissextiles est simple : une année sur quatre compte un jour supplémentaire. Sur une longue période, cette règle décale progressivement le calendrier par rapport à l'année solaire.
Le calendrier grégorien, adopté dans de nombreux pays comme calendrier civil, corrige cette dérive en supprimant certaines années bissextiles séculaires. Une année divisible par 100 n'est normalement pas bissextile, sauf si elle est également divisible par 400. C'est le calendrier utilisé dans la vie civile en France et dans la majeure partie du monde.
Le calendrier julien révisé, élaboré au XXe siècle, conserve la structure et les noms de dates du calendrier julien tout en appliquant une règle bissextile corrigée. Pour les fêtes fixes, ses dates coïncident actuellement avec celles du calendrier grégorien. Cette concordance se maintient jusqu'à la fin du XXVIIIe siècle, avant une première divergence en 2800.
Pourquoi existe-t-il actuellement treize jours de décalage ?
Entre 1900 et 2099, le calendrier julien retarde de treize jours sur le calendrier grégorien. Ainsi, le 6 janvier julien correspond au 19 janvier du calendrier civil grégorien. C'est pourquoi la Théophanie orthodoxe selon le calendrier julien apparaît à cette seconde date dans les agendas civils.
Le décalage n'est toutefois pas une constante éternelle. Il était plus faible dans les siècles antérieurs et passera à quatorze jours en mars 2100, car l'année 2100 sera bissextile dans le calendrier julien mais pas dans le calendrier grégorien. Dire que les deux calendriers sont « toujours séparés de treize jours » serait donc inexact.
La date liturgique elle-même ne change pas nécessairement. Une communauté célébrant une fête le 6 janvier julien considère bien qu'elle est au 6 janvier de son calendrier religieux, même si le calendrier civil affiche le 19 janvier.
Que signifient ancien style et nouveau style ?
Dans le vocabulaire orthodoxe, l'ancien style désigne généralement l'usage du calendrier julien pour les fêtes fixes. Le nouveau style renvoie le plus souvent au calendrier julien révisé, dont les dates fixes coïncident aujourd'hui avec le calendrier grégorien.
Ces expressions décrivent un choix calendaire, non une différence de contenu religieux. Deux paroisses peuvent célébrer la même fête liturgique, avec les mêmes textes essentiels, mais à treize jours d'intervalle dans le calendrier civil.
Repères concrets pour lire une date orthodoxe
- 6 janvier ancien style : 19 janvier civil grégorien durant la période actuelle.
- 25 décembre ancien style : 7 janvier civil grégorien durant la période actuelle.
- 6 janvier nouveau style : 6 janvier du calendrier civil actuel.
- 25 décembre nouveau style : 25 décembre du calendrier civil actuel.
- Date sans précision de style : elle doit être interprétée selon le calendrier adopté par l'Église ou la paroisse concernée.
- Calendrier civil d'un pays : il ne détermine pas automatiquement le calendrier liturgique de ses communautés orthodoxes.
L'expression « nouveau calendrier » peut parfois être employée de manière large pour parler du calendrier grégorien. Dans un contexte orthodoxe précis, il est préférable de vérifier si elle désigne le grégorien proprement dit ou le julien révisé.
Fêtes fixes et fêtes mobiles ne se calculent pas de la même manière
Une fête fixe revient à la même date dans le calendrier liturgique choisi. La Théophanie est fixée au 6 janvier ; Noël au 25 décembre ; l'Annonciation au 25 mars. Leur date civile dépend donc directement de l'ancien ou du nouveau style.
Une fête mobile change de date d'une année à l'autre parce qu'elle est calculée à partir de Pâques. L'Ascension, la Pentecôte, le dimanche des Rameaux et le début du Grand Carême appartiennent à ce cycle. Elles ne s'obtiennent pas en ajoutant simplement treize jours à une date occidentale.
La difficulté vient de ce que plusieurs Églises utilisant le julien révisé pour les fêtes fixes continuent d'employer le comput pascal julien pour déterminer Pâques. Elles peuvent donc célébrer Noël le 25 décembre civil tout en célébrant Pâques à une date calculée selon la tradition julienne. Il existe aussi des situations particulières où le calcul grégorien de Pâques est suivi.
Comment éviter les confusions dans un calendrier orthodoxe ?
Il faut d'abord identifier l'Église ou la juridiction concernée, puis vérifier séparément le calendrier des fêtes fixes et le mode de calcul de Pâques. Le pays ne suffit pas : des communautés orthodoxes établies dans une même ville peuvent suivre des usages calendaires différents.
Pour une fête fixe donnée selon l'ancien style, la conversion contemporaine consiste à ajouter treize jours, uniquement pour les dates comprises dans la période où ce décalage s'applique. Pour une fête mobile, mieux vaut consulter le calendrier publié par la communauté concernée, car son calcul dépend du paschalion adopté.
Enfin, une date comme « Noël orthodoxe le 7 janvier » décrit une correspondance civile actuelle, et non une fête liturgiquement fixée au 7 janvier. Dans l'ancien style, il s'agit toujours du 25 décembre. La même distinction explique pourquoi une fête fixée au 6 janvier julien est observée le 19 janvier civil.
Questions fréquentes
Toutes les Églises orthodoxes utilisent-elles le calendrier julien ?
Non. Certaines suivent le calendrier julien pour les fêtes fixes, tandis que d'autres emploient le calendrier julien révisé. Des usages particuliers existent également pour le calendrier grégorien. Le choix dépend de chaque Église et parfois de la juridiction locale.
Une paroisse au nouveau style célèbre-t-elle forcément Pâques selon le calendrier grégorien ?
Non. De nombreuses Églises au nouveau style utilisent le calendrier julien révisé pour les fêtes fixes, mais conservent le comput pascal julien pour Pâques et les célébrations mobiles qui en dépendent. Les deux choix calendaires doivent donc être distingués.
Pourquoi Noël orthodoxe est-il parfois indiqué au 7 janvier ?
Le 25 décembre du calendrier julien correspond actuellement au 7 janvier du calendrier grégorien civil. La fête reste donc fixée liturgiquement au 25 décembre dans l'ancien style ; le 7 janvier est sa correspondance civile contemporaine.
Le décalage de treize jours s'applique-t-il aussi à Pâques orthodoxe ?
Pas sous la forme d'une conversion automatique. La date de Pâques résulte d'un comput fondé sur des règles calendaires et astronomiques conventionnelles. Il ne suffit donc pas d'ajouter treize jours à la date occidentale pour obtenir la date orthodoxe.
Ancien style et ancien calendrier désignent-ils toujours exactement la même chose ?
Dans l'usage orthodoxe courant, les deux expressions renvoient généralement au calendrier julien appliqué aux fêtes fixes. Le contexte reste néanmoins important, surtout lorsqu'un document traite séparément du calendrier fixe et du calcul de Pâques.