Les versets de la Transfiguration se trouvent en Matthieu 17, 1-13, Marc 9, 2-13 et Luc 9, 28-36. Les trois récits suivent la même trame, mais Luc insiste sur la prière et le dialogue avec Moïse et Élie, Matthieu détaille la crainte des disciples, tandis que Marc souligne leur incompréhension. Cette comparaison permet de lire la Transfiguration du Seigneur sans effacer les particularités de chaque évangile.
Où lire les trois récits de la Transfiguration ?
Les passages principaux appartiennent aux trois évangiles synoptiques, ainsi nommés parce qu'ils peuvent être lus en parallèle. Le découpage exact peut varier légèrement selon les éditions bibliques, surtout lorsque la descente de la montagne est rattachée ou non à la scène principale.
- Matthieu 17, 1-8 raconte la montée, la transformation de Jésus, l'apparition de Moïse et d'Élie, la nuée et la réaction des disciples.
- Matthieu 17, 9-13 rapporte la consigne donnée pendant la descente et la question concernant Élie.
- Marc 9, 2-8 présente la scène sur la montagne dans une forme brève et très visuelle.
- Marc 9, 9-13 développe l'ordre de garder le silence, l'interrogation sur la résurrection et la discussion au sujet d'Élie.
- Luc 9, 28-36 relie explicitement la montée à la prière et précise le sujet de l'entretien tenu auprès de Jésus.
Avant la montée : six jours chez Matthieu et Marc, environ huit chez Luc
Dans les trois évangiles, la Transfiguration vient après la confession de Pierre, la première annonce de la Passion et un enseignement sur la condition du disciple. Ce contexte rapproche la gloire aperçue sur la montagne du chemin de souffrance que Jésus vient d'annoncer.
Matthieu et Marc commencent par la formule « six jours après ». Luc écrit « environ huit jours après ces paroles ». Il ne s'agit pas nécessairement d'une contradiction chronologique : une manière de compter peut inclure le jour de départ et celui d'arrivée, tandis qu'une autre compte les jours intermédiaires. Luc donne en outre une indication absente des deux autres récits : Jésus monte sur la montagne pour prier.
Tous trois nomment Pierre, Jacques et Jean. Matthieu précise que Jacques est accompagné de Jean, son frère. Aucun des récits ne donne le nom de la montagne : toute identification géographique va donc au-delà de ce que disent explicitement ces versets.
Sur la montagne : des formulations et un dialogue différents
Le visage et les vêtements de Jésus
Matthieu écrit que le visage de Jésus resplendit comme le soleil et que ses vêtements deviennent blancs comme la lumière. Marc ne décrit pas son visage, mais insiste fortement sur l'éclat des vêtements, d'une blancheur qu'aucun artisan sur terre ne pourrait produire. Luc parle d'un changement dans l'aspect du visage pendant la prière et de vêtements devenus d'une blancheur fulgurante.
Matthieu et Marc emploient le vocabulaire de la transformation ou de la transfiguration. Luc décrit plutôt ce que les disciples peuvent observer. Chez lui, la modification de l'apparence se produit précisément pendant que Jésus prie.
Ce que disent Moïse et Élie
Matthieu et Marc indiquent qu'ils s'entretiennent avec Jésus, sans rapporter le contenu de leurs paroles. Luc est le seul à le préciser : ils parlent de son départ, qu'il doit accomplir à Jérusalem. Le terme grec employé est exodos. Dans le contexte du récit, il désigne l'accomplissement à venir de la Passion, de la mort et de ce qui conduit à la gloire.
Luc ajoute que les deux hommes apparaissent dans la gloire. Il précise aussi que Pierre et ses compagnons sont accablés de sommeil, puis qu'ils voient la gloire de Jésus après s'être pleinement réveillés ou tenus éveillés, selon les traductions.
La proposition de Pierre, la nuée et la voix
Dans les trois versions, Pierre propose de dresser trois tentes : une pour Jésus, une pour Moïse et une pour Élie. Matthieu lui fait dire qu'il est bon qu'ils soient là et ajoute une formule conditionnelle adressée à Jésus. Marc et Luc expliquent que Pierre ne sait pas quoi dire. Marc rattache cette parole à la frayeur des disciples ; Luc la situe au moment où Moïse et Élie se séparent de Jésus.
Une nuée lumineuse les couvre chez Matthieu. Marc et Luc parlent d'une nuée qui survient et les prend sous son ombre ; Luc précise que les disciples sont saisis de crainte en y entrant. La voix désigne Jésus comme le Fils et ordonne de l'écouter. Matthieu donne la formulation la plus développée : le Fils bien-aimé en qui Dieu trouve sa joie. Marc dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ». Dans de nombreuses traductions de Luc, la voix dit : « Celui-ci est mon Fils, celui que j'ai choisi ». Les trois versions convergent sur l'impératif essentiel : « Écoutez-le ».
La réaction qui suit distingue nettement les récits. Chez Matthieu, les disciples tombent face contre terre, très effrayés ; Jésus s'approche, les touche et leur dit de se relever sans crainte. Marc note qu'en regardant autour d'eux, ils ne voient soudain plus personne, sinon Jésus seul. Luc conclut qu'après la voix, Jésus se trouve seul.
La descente : silence, résurrection et question sur Élie
Matthieu et Marc placent pendant la descente l'interdiction de raconter la vision avant la résurrection du Fils de l'homme. Marc ajoute que les disciples gardent cette parole tout en discutant entre eux de ce que signifie « ressusciter d'entre les morts ». Cette remarque rend explicite leur difficulté à comprendre l'annonce.
Dans les deux récits, ils interrogent ensuite Jésus sur l'affirmation des scribes selon laquelle Élie doit venir d'abord. Jésus répond qu'Élie est déjà venu et n'a pas été reconnu ou a subi ce que les hommes ont voulu. Matthieu précise alors que les disciples comprennent qu'il leur parle de Jean le Baptiste.
Luc ne rapporte ni la consigne donnée pendant la descente ni cet échange sur Élie. Il termine la scène en indiquant que les disciples gardent le silence et ne racontent alors à personne ce qu'ils ont vu. Il enchaîne au jour suivant, lorsque Jésus et les trois disciples redescendent et rencontrent la foule ainsi qu'un père venu demander la guérison de son enfant.
Questions fréquentes
Pourquoi Luc parle-t-il d'environ huit jours au lieu de six ?
Matthieu et Marc peuvent compter les jours séparant les deux épisodes, tandis que Luc peut inclure le jour des paroles précédentes et celui de la montée. Son expression « environ » montre également qu'il donne un repère temporel souple plutôt qu'un décompte destiné à opposer les récits.
Les évangiles indiquent-ils le nom de la montagne ?
Non. Matthieu et Marc parlent d'une « haute montagne », tandis que Luc mentionne simplement « la montagne ». Les lieux proposés par la tradition ou par les commentateurs ne sont donc pas nommés dans les trois passages bibliques eux-mêmes.
Pierre, Jacques et Jean dorment-ils dans les trois versions ?
Seul Luc mentionne explicitement que Pierre et ses compagnons sont accablés de sommeil avant de voir la gloire de Jésus et les deux hommes présents avec lui. Matthieu et Marc ne disent pas qu'ils dorment et concentrent leur récit sur leur frayeur et leurs paroles.
Pourquoi la parole venue de la nuée varie-t-elle selon les évangiles ?
Chaque évangéliste transmet la même identification fondamentale de Jésus comme Fils et le même ordre de l'écouter, avec une formulation propre. Matthieu développe davantage la déclaration, Marc la présente brièvement et Luc emploie, selon de nombreuses traductions, l'expression « celui que j'ai choisi ».
Que racontent les évangiles immédiatement après la Transfiguration ?
Matthieu et Marc développent la consigne de silence, puis une discussion sur Élie. Luc passe directement au lendemain et à la rencontre avec la foule, lorsqu'un père demande à Jésus d'intervenir pour son enfant. Les trois récits rejoignent ensuite le même épisode de guérison.