Assister à une crise épileptique impressionne, mais des gestes simples peuvent réellement protéger la personne. L’objectif est de prévenir les blessures, de surveiller l’évolution et de savoir quand demander une aide médicale. Ce guide décrit, étape par étape, quoi faire avant, pendant et après des convulsions, ainsi que les situations qui justifient une prise en charge urgente.
Avant les convulsions : sécuriser et se préparer
Quand une crise démarre, il y a rarement “le temps de réfléchir”. Dès les premiers signes (chute, regard fixe, mouvements anormaux, confusion), adoptez une logique de protection : éloigner les dangers, préserver la respiration, observer sans contraindre.
- Restez avec la personne et demandez à un tiers d’appeler de l’aide si nécessaire.
- Écartez les objets dangereux (verre, coins de mobilier, outils, chaleur, eau).
- Protégez la tête avec un vêtement plié ou un coussin, sans forcer la position.
- Desserrez ce qui gêne au cou (cravate, écharpe) et retirez des lunettes si possible.
- Repérez l’heure de début ou lancez un chronomètre : la durée guide la suite.
- Préservez l’intimité en éloignant les curieux, sans isoler la personne.
- Ne donnez rien à boire ni à manger et ne proposez pas de médicament oral pendant la crise.
Pendant la crise convulsive : protéger sans bloquer
Une crise avec convulsions (phase tonico-clonique) s’accompagne de raideur, de secousses, parfois de bruits respiratoires ou de salivation. Le rôle du témoin n’est pas d’arrêter les mouvements, mais d’éviter les traumatismes et de surveiller l’état général.
À faire : gardez l’espace autour dégagé, soutenez la tête si elle heurte le sol, et continuez à chronométrer. Si la personne est au sol près d’un danger immédiat (route, bord de trottoir, plan d’eau), éloignez le danger ou sécurisez la zone en priorité.
À ne pas faire : ne retenez pas les bras ou les jambes, n’essayez pas d’immobiliser. N’introduisez rien dans la bouche : ni doigt, ni objet, ni tissu. Évitez aussi les manœuvres “pour faire reprendre connaissance” (gifles, eau, odeurs fortes), inutiles et potentiellement dangereuses.
Après les convulsions : position, surveillance, récupération
Lorsque les secousses cessent, une phase de récupération survient : somnolence, confusion, maux de tête, douleurs musculaires, parfois agitation. C’est le moment clé pour sécuriser la respiration.
La position latérale de sécurité (PLS) : quand et comment
Si la personne ne répond pas normalement, mettez-la en position latérale de sécurité dès que les mouvements le permettent, afin de faciliter l’écoulement de la salive ou d’éventuels vomissements et de maintenir les voies aériennes dégagées. Vérifiez que la respiration est présente et régulière. Restez à proximité jusqu’au retour d’un état d’éveil satisfaisant.
Parlez calmement, expliquez où elle se trouve, et proposez un environnement calme. Inspectez rapidement les blessures possibles (tête, langue, épaules) sans gestes brusques. Si la personne porte un bracelet ou une carte d’information médicale, lisez-la : certaines personnes ont un protocole personnel (médicament d’urgence prescrit, personnes à prévenir). N’administrez un traitement que si vous êtes formé et que cela correspond clairement aux instructions habituelles de la personne.
Quand appeler les urgences : critères pratiques
La plupart des crises isolées se résolvent spontanément, mais certains signes doivent faire demander une aide médicale immédiate. Appelez les urgences si :
- la crise dure plusieurs minutes ou se prolonge sans tendance à s’arrêter ;
- une deuxième crise survient sans retour à l’état habituel entre les deux ;
- la personne ne reprend pas une respiration normale après les convulsions, ou vous constatez une détresse respiratoire ;
- il y a une blessure importante (traumatisme crânien, saignement abondant, suspicion de fracture) ;
- la crise se produit dans l’eau, près d’une source de chaleur, ou dans un contexte à risque ;
- la personne est enceinte, a un diabète connu, ou présente une maladie grave intercurrente ;
- c’est une première crise connue ou vous n’êtes pas sûr qu’il s’agit d’une crise épileptique.
En attendant, restez auprès de la personne, poursuivez la surveillance de la respiration et notez la durée totale, les éventuels déclencheurs et ce que vous avez observé : ces éléments aident les soignants.
Ce que vous pouvez noter pour aider ensuite
Sans retarder les gestes de protection, quelques informations simples sont très utiles : heure de début et de fin, type de mouvements, chute ou non, blessure, couleur de la peau (pâleur, bleuté), récupération (confusion, parole), et éventuels facteurs contextuels (manque de sommeil, fièvre, alcool, oubli de traitement si la personne l’indique). Si vous souhaitez comprendre le cadre global de cette sensibilisation, consultez la Journée internationale de l'épilepsie.
Questions fréquentes
La personne a les yeux ouverts et respire bruyamment : dois-je m'inquiéter ?
Pendant et juste après une crise, la respiration peut sembler irrégulière, bruyante ou accompagnée de salive. Surveillez surtout la présence d'une respiration et l'amélioration progressive. Si la respiration devient difficile, absente, ou si la coloration bleuit, appelez les urgences.
Faut-il empêcher la langue d'être «avalée» pendant une crise ?
Non. On n'avale pas sa langue au sens propre. Mettre un objet ou des doigts dans la bouche expose à des morsures et peut obstruer les voies aériennes. Contentez-vous de protéger la tête et, après les convulsions, placez la personne sur le côté si elle est somnolente.
Puis-je filmer la crise pour montrer au médecin ?
Si quelqu'un d'autre assure entièrement la sécurité, une courte vidéo peut aider à décrire les signes. Mais ne filmez jamais au détriment des gestes de protection, de la surveillance respiratoire ou de la dignité. Priorité : sécuriser, chronométrer, puis accompagner la récupération.
Que dire à la personne quand elle reprend connaissance ?
Parlez doucement, présentez-vous, expliquez qu'elle a eu une crise et qu'elle est en sécurité. Évitez les questions pressantes : la confusion est fréquente. Proposez de s'asseoir ou de rester allongée, et vérifiez d'éventuelles douleurs ou blessures avant de la laisser repartir seule.
Dois-je donner de l'eau ou du sucre juste après ?
Évitez tant que la personne n'est pas pleinement éveillée et capable d'avaler correctement, car il existe un risque de fausse route. Quand l'état est redevenu normal, vous pouvez proposer une boisson par petites gorgées. En cas de doute, attendez l'avis médical.