La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien existe parce qu’un organe politique des Nations Unies l’a établie par une résolution. Pour comprendre « qui décide » à l’ONU, il faut distinguer le rôle de l’Assemblée générale, la fonction d’un comité mandaté et la portée juridique d’une résolution par rapport à un traité ou à une décision de justice internationale. Voici le mécanisme institutionnel derrière cette journée.
La décision fondatrice : la résolution 32/40 B
La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien a été instituée par l’Assemblée générale des Nations Unies au moyen de la résolution 32/40 B. Une résolution de l’Assemblée générale est un acte adopté par les États membres réunis en séance : elle exprime une position, formule des recommandations et organise parfois le fonctionnement interne des Nations Unies (calendrier, mandats, demandes adressées au Secrétaire général, etc.).
Dans ce cas, l’Assemblée générale a désigné une journée et a encouragé son observation dans le cadre onusien. Elle a également articulé cette observation avec le travail d’un organe spécialisé : le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien, chargé d’impulser et de coordonner certaines initiatives relevant du mandat que l’Assemblée lui a confié.
Autrement dit, la journée ne naît pas d’une proclamation isolée : elle découle d’un acte formel voté par l’Assemblée générale, inscrit dans une architecture de mandats et de rapports propres à l’ONU.
Ce que fait l’Assemblée générale (et ce qu’elle ne fait pas)
L’Assemblée générale est l’organe délibérant où siègent l’ensemble des États membres. Elle dispose d’un pouvoir normatif important au plan politique : elle fixe des orientations, adopte des textes de référence et peut créer des organes subsidiaires. En revanche, elle ne légifère pas au sens d’un parlement national et n’adopte pas, par résolution, des obligations juridiques de même nature qu’un traité librement ratifié par les États.
Quand l’Assemblée générale institue une « journée internationale », elle agit principalement sur deux plans :
- Plan institutionnel interne : elle organise l’action des Nations Unies (ex. tâches confiées au Secrétariat, mise à l’agenda, invitations à tenir une réunion commémorative).
- Plan politique et symbolique : elle exprime un cadre de référence commun, invite les États et la société civile à y prendre part, et consolide une mémoire institutionnelle.
Ce cadre aide à comprendre que la journée est une initiative onusienne, structurée par des décisions d’organe, plutôt qu’un événement créé par une autorité internationale disposant d’un pouvoir contraignant général.
Le rôle du Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien
Le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien est un organe subsidiaire créé par l’Assemblée générale. Son existence et son périmètre d’action proviennent d’un mandat : il n’agit pas de manière autonome, mais dans les limites définies par les résolutions de l’Assemblée.
Dans le dispositif de la journée de solidarité, le Comité a un rôle d’impulsion et de coordination : il prépare, propose ou soutient des activités et contribue à la continuité institutionnelle de l’observation au sein du système des Nations Unies. Il peut également faciliter la circulation d’informations et le dialogue avec différents acteurs (missions permanentes, entités onusiennes, partenaires).
Il faut distinguer ce rôle d’organisation d’une compétence de type « autorité publique » : le Comité n’adopte pas de normes contraignantes pour les États. Il exerce un mandat politique au service des objectifs définis par l’Assemblée générale.
Résolution, traité, décision juridictionnelle : trois statuts juridiques différents
Le vocabulaire onusien peut prêter à confusion. Voici la distinction essentielle pour situer correctement la résolution 32/40 B.
- Une résolution de l’Assemblée générale : acte adopté par vote des États au sein de l’ONU. Sa portée est en principe recommandatoire vis-à-vis des États, mais elle peut être organisatrice à l’intérieur de l’ONU (mandats, demandes au Secrétaire général, création de comités).
- Un traité international : accord juridiquement contraignant entre États (ou organisations) qui engage ses parties après signature et ratification/adhésion selon les procédures. Le traité ne naît pas d’un vote de l’Assemblée générale ; il résulte du consentement des parties.
- Une décision juridictionnelle : jugement ou avis rendu par une juridiction internationale compétente (selon son statut et la base de compétence). Elle tranche un différend ou répond à une question juridique, avec des effets déterminés par le droit applicable.
- Une résolution du Conseil de sécurité : autre catégorie, distincte, parfois dotée d’effets obligatoires pour les États membres selon la Charte des Nations Unies. Ce n’est pas l’instrument utilisé pour instituer cette journée.
La Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien relève donc d’un choix politique formalisé par une résolution de l’Assemblée générale, et non d’un traité ni d’un acte de justice internationale.
Comment la journée s’insère dans l’écosystème onusien
Une journée internationale à l’ONU fonctionne comme un point de rendez-vous institutionnel : elle agrège des initiatives et donne une visibilité régulière à un sujet, selon les modalités fixées par les organes compétents. Dans ce cas, l’Assemblée générale a fourni le cadre, et le Comité contribue à l’animation du mandat dans la durée.
Pour replacer ce dossier dans le contexte général de l’événement (sans en redécrire les formes d’observation), vous pouvez consulter Journée internationale de solidarité avec le peuple palestinien.
Repères pratiques pour lire une résolution de l’Assemblée générale
- Identifier l’organe : Assemblée générale, Conseil de sécurité, ECOSOC, etc.
- Repérer le type d’acte : résolution, décision, déclaration, rapport annexé.
- Distinguer préambule et dispositif : le préambule motive ; le dispositif énonce ce qui est décidé/demandé/encouragé.
- Noter les verbes : « décide », « prie », « invite », « encourage » n’impliquent pas le même degré d’engagement.
- Voir les destinataires : États, Secrétaire général, organes subsidiaires, entités onusiennes.
- Repérer les mandats : création/renouvellement d’un comité, demande de rapport, organisation d’un événement.
- Vérifier le cadre : référence à la Charte des Nations Unies, aux compétences de l’organe, à des résolutions antérieures.
Questions fréquentes
La résolution 32/40 B crée-t-elle une obligation juridique pour les États ?
Une résolution de l'Assemblée générale exprime surtout une position politique et des recommandations. Elle peut organiser le travail interne de l'ONU, mais elle n'équivaut pas à un traité ratifié. Les États ne sont pas « liés » de la même façon qu'avec un accord international.
Pourquoi l'ONU passe-t-elle par un comité plutôt que par une agence spécialisée ?
Un comité créé par l'Assemblée générale est un organe subsidiaire directement rattaché à un mandat politique. Il sert à assurer le suivi, la coordination et la continuité des travaux sur un sujet donné, sans créer une nouvelle organisation dotée de compétences opérationnelles générales.
Quelle différence entre une « journée internationale » onusienne et une proclamation nationale ?
À l'ONU, la journée est établie par un organe intergouvernemental pour structurer l'agenda et la visibilité d'un thème au sein du système des Nations Unies. Une proclamation nationale relève d'un État et s'applique dans son ordre juridique et administratif.
Le Conseil de sécurité intervient-il dans la création de cette journée ?
La création de cette journée relève de l'Assemblée générale, pas du Conseil de sécurité. Le Conseil traite d'autres questions selon ses compétences, et ses résolutions peuvent avoir une portée différente. Ici, l'instrument utilisé est une résolution de l'Assemblée générale.
Comment savoir si un texte onusien est contraignant ou seulement déclaratif ?
Il faut identifier l'organe émetteur et la base juridique (Charte, traité). Les verbes du dispositif comptent aussi : « décide » peut organiser l'ONU, tandis que « invite » ou « encourage » vise plutôt des recommandations. Un traité, lui, crée des obligations par consentement des parties.