Des Décennies internationales à la journée du 31 août
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La Journée internationale des personnes d'ascendance africaine n'est pas une initiative isolée. Proclamée par l'Assemblée générale des Nations Unies en 2020 et observée pour la première fois le 31 août 2021, elle prolonge un processus engagé lors de la conférence de Durban en 2001, structuré par l'Année internationale de 2011 puis par deux Décennies internationales successives.

2001 : Durban établit le socle international

La Conférence mondiale contre le racisme, la discrimination raciale, la xénophobie et l'intolérance qui y est associée s'est tenue à Durban, en Afrique du Sud, du 31 août au 8 septembre 2001. La Déclaration et le Programme d'action de Durban, souvent désignés par le sigle DDPA, ont fourni le principal cadre politique international à partir duquel la situation des personnes d'ascendance africaine a été traitée de façon plus explicite.

Les textes de Durban reconnaissent notamment que l'esclavage et la traite des esclaves constituent un crime contre l'humanité et qu'ils auraient toujours dû être considérés comme tels. Ils examinent aussi les conséquences historiques et contemporaines de ces systèmes. Cette articulation entre mémoire, racisme et droits rapproche le processus de Durban de la Journée internationale pour le droit à la vérité concernant les violations des droits humains et de la Journée internationale pour l'abolition de l'esclavage, sans confondre leurs objets respectifs.

Durban constitue le point de départ politique de la séquence, mais pas une journée internationale consacrée à elle seule aux personnes d'ascendance africaine.

2011 : une Année internationale pour rendre l'enjeu visible

En décembre 2009, l'Assemblée générale a proclamé 2011 Année internationale des personnes d'ascendance africaine. Une Année internationale concentre l'attention des Etats, des institutions internationales et de la société civile sur un sujet pendant une période déterminée. Elle ne crée pas, à elle seule, un régime juridique nouveau.

L'Année de 2011 a renforcé la visibilité institutionnelle des personnes concernées et encouragé des actions nationales et internationales autour de trois orientations qui seront ensuite consolidées : la pleine jouissance des droits humains, la participation et une meilleure connaissance de leurs cultures et de leurs contributions. Elle s'inscrit dans l'architecture générale rappelée chaque 10 décembre par la Journée des droits de l'homme.

Cette étape a également montré les limites d'une mobilisation limitée à douze mois. Le passage à une décennie répondait au besoin d'inscrire les engagements dans un temps suffisamment long pour élaborer des programmes, suivre leur mise en oeuvre et maintenir la coopération internationale.

2015-2024 : la première Décennie structure les priorités

L'Assemblée générale a proclamé la période 2015-2024 Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine, sous le thème « Personnes d'ascendance africaine : reconnaissance, justice et développement ». Son programme d'activités demandait aux Etats et aux autres acteurs concernés d'agir dans ces trois domaines complémentaires.

  • Reconnaissance : accroître la visibilité des histoires, des cultures, des contributions et des situations vécues par les personnes d'ascendance africaine.
  • Justice : favoriser l'égalité devant la loi et l'accès effectif aux institutions judiciaires, dans le cadre des obligations internationales existantes.
  • Développement : prendre en considération les inégalités qui entravent la participation économique, sociale et culturelle.
  • Mise en oeuvre : encourager les mesures nationales, la collecte d'informations appropriées, la coopération internationale et le suivi des engagements.

La Décennie ne remplaçait ni le processus de Durban ni les instruments généraux relatifs aux droits humains. Elle leur donnait un cadre d'application centré sur les personnes d'ascendance africaine. Cette logique ciblée existe aussi pour d'autres populations dans le système international, comme l'illustrent la Journée internationale des peuples autochtones et la Journée internationale des migrants.

2020-2021 : pourquoi une journée permanente est ajoutée

Le 16 décembre 2020, l'Assemblée générale des Nations Unies a proclamé le 31 août Journée internationale des personnes d'ascendance africaine. La première célébration internationale a eu lieu en 2021. La date rappelle le début de la conférence de Durban, ouverte le 31 août 2001, et inscrit ainsi la journée dans la continuité directe de ce processus.

Une journée et une décennie n'ont pas la même fonction. La décennie organise un programme prolongé, tandis que la journée fournit un rendez-vous récurrent qui demeure après la fin d'une période décennale. La Journée internationale des personnes d'ascendance africaine sert donc de point d'ancrage annuel à un engagement qui ne dépend pas du calendrier d'une seule Décennie.

Cette proclamation intervient dans un ensemble plus large d'initiatives des Nations Unies contre le racisme. La Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale conserve une portée générale, alors que le 31 août met spécifiquement en lumière les personnes d'ascendance africaine et les cadres internationaux qui leur sont consacrés.

2025-2034 : une seconde Décennie assure la continuité

En décembre 2024, l'Assemblée générale a proclamé une seconde Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine pour la période 2025-2034. Elle conserve le thème « reconnaissance, justice et développement ». Cette décision confirme que la clôture de la première Décennie ne marquait pas la fin du processus institutionnel.

La chronologie complète repose ainsi sur des instruments de nature différente mais articulés :

  1. Durban en 2001 formule le socle politique international et relie les héritages historiques aux formes contemporaines de racisme.
  2. L'Année internationale de 2011 concentre l'attention mondiale et prépare une mobilisation plus longue.
  3. La première Décennie, de 2015 à 2024, organise l'action autour de la reconnaissance, de la justice et du développement.
  4. La journée du 31 août, proclamée en 2020, crée un rendez-vous international permanent.
  5. La seconde Décennie, de 2025 à 2034, maintient le cadre décennal et ses trois priorités.

Année, journée et décennies ne sont donc pas des appellations interchangeables. L'Année a joué un rôle d'impulsion, la journée assure une visibilité périodique et les Décennies organisent la continuité politique. Ensemble, elles prolongent le cadre établi à Durban sans se substituer aux conventions et mécanismes internationaux relatifs aux droits humains.

EN VIDÉO

Décennie internationale des personnes d'ascendance africaine ( Réunion au siège ONU Genève)

16:9

Chaîne : Annette NTIGNOI FOPA · Durée : 1:57

Questions fréquentes

Pourquoi la conférence de Durban est-elle liée au 31 août ?

La Conférence mondiale contre le racisme s'est ouverte à Durban le 31 août 2001. Le choix du 31 août pour la Journée internationale inscrit donc ce rendez-vous dans la continuité du processus de Durban et de ses engagements contre le racisme et la discrimination raciale.

L'Année internationale de 2011 et la journée du 31 août sont-elles la même initiative ?

Non. L'Année internationale a concentré la mobilisation sur l'ensemble de l'année 2011. La journée, proclamée en 2020 et observée depuis 2021, est un rendez-vous récurrent qui n'est pas limité à une période particulière.

Quel est le thème des Décennies internationales des personnes d'ascendance africaine ?

Le thème est « Personnes d'ascendance africaine : reconnaissance, justice et développement ». Ces trois axes structurent aussi bien la compréhension des héritages historiques que l'attention portée aux situations contemporaines.

Pourquoi une seconde Décennie a-t-elle été proclamée ?

La seconde Décennie, couvrant 2025-2034, assure la continuité du cadre international après 2024. Sa proclamation signifie que les priorités de reconnaissance, de justice et de développement appellent un engagement prolongé au-delà de la première période décennale.

Ces proclamations créent-elles de nouveaux droits internationaux ?

Une année, une journée ou une décennie internationale ne crée pas automatiquement de nouveaux droits juridiquement contraignants. Ces proclamations définissent des priorités politiques, favorisent la coopération et soutiennent la mise en oeuvre des obligations déjà établies par le droit international des droits humains.

Quelle est la différence entre le processus de Durban et les Décennies internationales ?

Le processus de Durban désigne le cadre politique issu de la conférence mondiale de 2001 et de ses textes de référence. Les Décennies sont des périodes d'action proclamées ultérieurement pour traduire ces orientations en priorités durables centrées sur les personnes d'ascendance africaine.

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