La Journée mondiale de l'épargne trouve son origine dans le premier Congrès international des caisses d'épargne, réuni à Milan du 26 au 31 octobre 1924. A sa clôture, les délégués proclamèrent une journée internationale consacrée à l'épargne. Cette décision institutionnelle ne doit pas être confondue avec sa mise en pratique : l'idée fut adoptée en 1924, mais les premières célébrations organisées dans plusieurs pays eurent lieu en 1925.
Pourquoi les caisses d'épargne se réunirent-elles à Milan ?
Le congrès de Milan se déroula dans une Europe encore marquée par les conséquences économiques et sociales de la Première Guerre mondiale. Les déséquilibres monétaires, l'inflation connue par plusieurs pays et les besoins de reconstruction avaient fragilisé les patrimoines comme la confiance du public. Les institutions d'épargne populaire devaient réaffirmer leur rôle tout en comparant leurs pratiques.
Les caisses d'épargne n'étaient pas de simples lieux de dépôt. Selon les pays, elles relevaient de traditions juridiques et administratives différentes, mais partageaient une vocation : recueillir l'épargne de nombreuses personnes, notamment celle des ménages disposant de ressources modestes. Leur histoire appartient ainsi à celle des institutions financières, aujourd'hui évoquée sous un autre angle par la Journée internationale des banques.
Milan offrait un cadre à une rencontre dépassant les échanges techniques. Les participants cherchaient à faire reconnaître une mission économique et sociale commune. La démarche rappelait que la solidité d'une institution dépend aussi de sa capacité à coopérer, principe également central dans l'histoire célébrée par la Journée internationale des coopératives.
Ce que le congrès voulait construire
Le premier Congrès international des caisses d'épargne servit à rapprocher des organismes qui travaillaient jusque-là principalement dans des cadres nationaux. Le but n'était pas d'uniformiser toutes les législations ni de créer une banque mondiale unique. Il s'agissait plutôt d'établir des relations durables entre institutions comparables.
Cette coopération répondait à plusieurs nécessités :
- échanger des expériences sur l'organisation et le fonctionnement des caisses d'épargne ;
- comparer les cadres nationaux sans nier leurs différences juridiques et historiques ;
- défendre les intérêts communs des établissements voués à l'épargne populaire ;
- renforcer la confiance dans des institutions éprouvées par les crises de guerre et d'après-guerre ;
- diffuser une culture de la prévoyance au moyen d'une action publique coordonnée.
La rencontre conduisit aussi à la constitution d'un organisme international reliant les caisses d'épargne. Cette structuration donnait une continuité au congrès : les délégués ne se contentaient pas d'une réunion ponctuelle, mais créaient un cadre permettant de poursuivre les échanges. Comme pour la coopération Sud-Sud, apparue dans un autre contexte historique, le principe essentiel consiste à organiser la circulation des expériences entre institutions confrontées à des enjeux comparables.
La proclamation du 31 octobre 1924
A la fin du congrès, le professeur italien Filippo Ravizza proposa d'instituer une journée internationale de l'épargne. Il était alors lié à l'organisation du congrès et joua un rôle déterminant dans la formulation et la promotion de cette initiative. La proposition fut adoptée lors de la séance de clôture, le 31 octobre 1924.
Le 31 octobre 1924 correspond à la proclamation de la journée, non à une première célébration internationale déjà déployée.
Le choix d'une journée commune transformait une préoccupation institutionnelle en message public. Les caisses pouvaient ainsi présenter simultanément l'épargne comme un facteur de sécurité personnelle, de prévoyance et de stabilité économique. Cette origine explique pourquoi la Journée mondiale de l'épargne fut d'abord portée par des réseaux de caisses et d'établissements spécialisés, plutôt que créée par une organisation intergouvernementale.
La proclamation avait également une fonction symbolique : elle donnait aux institutions participantes un repère partagé. Ce mécanisme se retrouve dans d'autres journées liées à l'économie, même lorsque leurs acteurs et leurs objectifs diffèrent. La Journée des microentreprises et des PME, par exemple, met elle aussi un sujet économique à l'agenda public, mais son origine institutionnelle est bien plus récente et relève des Nations Unies.
1924 ou 1925 : deux dates pour deux étapes distinctes
Les récits historiques peuvent sembler contradictoires lorsqu'ils indiquent tantôt 1924, tantôt 1925. Les deux années renvoient en réalité à des faits différents. Une chronologie précise permet de lever l'ambiguïté :
- Du 26 au 31 octobre 1924 : les représentants des caisses d'épargne se réunissent à Milan pour leur premier congrès international.
- Le 31 octobre 1924 : le congrès adopte la proposition d'une journée internationale consacrée à l'épargne.
- Après le congrès : les institutions participantes disposent du temps nécessaire pour préparer des actions publiques et relayer l'initiative dans leurs pays.
- En 1925 : les premières célébrations sont organisées, donnant une existence publique à la résolution adoptée l'année précédente.
Il est donc exact de dire que la journée est née ou a été proclamée à Milan en 1924. Il est tout aussi exact d'indiquer que sa première mise en oeuvre remonte à 1925. Employer le mot célébration pour la réunion de Milan effacerait la période nécessaire à la diffusion de la décision.
Une journée issue d'un réseau institutionnel
L'origine milanaise montre comment une journée internationale peut naître sans traité ni résolution d'une organisation mondiale. Son autorité initiale reposait sur l'engagement coordonné d'institutions nationales, capables de traduire une décision commune en initiatives publiques. Elle se distingue en cela de la Journée des Nations Unies, directement rattachée à la création d'une organisation intergouvernementale.
Quatre éléments définissent ainsi l'acte fondateur : une rencontre internationale à Milan, un réseau de caisses d'épargne, la proposition portée par Filippo Ravizza et une résolution adoptée à la clôture. La transition entre 1924 et 1925 est essentielle : la première année appartient à la décision institutionnelle, la seconde à sa traduction en célébrations publiques.
1918 à 1929 | Les missions - Ep.5 - #biCEntenaire des Caisses d'Epargne
Questions fréquentes
Qui a proposé la Journée mondiale de l'épargne à Milan ?
La proposition est associée au professeur italien Filippo Ravizza, impliqué dans l'organisation du congrès. Il présenta l'idée d'une journée internationale de l'épargne lors de la clôture du premier Congrès international des caisses d'épargne, le 31 octobre 1924.
Quel était le rôle du Congrès international des caisses d'épargne ?
Le congrès réunissait des représentants d'institutions nationales afin de comparer leurs expériences, défendre leurs intérêts communs et organiser une coopération durable. La journée consacrée à l'épargne fut l'une des expressions publiques de ce rapprochement institutionnel.
La première Journée mondiale de l'épargne a-t-elle eu lieu en 1924 ?
Non, si l'on entend par là les premières célébrations organisées. La journée fut proclamée à Milan le 31 octobre 1924, à la clôture du congrès. Sa mise en oeuvre publique commença en 1925.
Pourquoi trouve-t-on 1924 et 1925 dans les récits historiques ?
1924 désigne l'adoption de la proposition par le congrès de Milan. L'année 1925 correspond aux premières célébrations préparées après cette décision. Il ne s'agit donc pas de deux versions concurrentes, mais de deux étapes successives.
La journée a-t-elle été créée par les Nations Unies ?
Non. Elle est antérieure à la fondation de l'Organisation des Nations Unies. Son origine se trouve dans la coopération internationale entre caisses d'épargne, organisée lors du congrès de Milan de 1924.
Pourquoi la coopération entre caisses d'épargne était-elle importante en 1924 ?
Les institutions évoluaient dans des cadres nationaux différents, au lendemain d'une période de guerre et de fortes perturbations économiques. Un réseau international leur permettait de partager leurs pratiques, de défendre leur mission commune et de restaurer la confiance envers l'épargne populaire.