Pour calculer Roch Hachana, il faut partir d'une règle fixe : la fête commence le 1er tichri dans le calendrier hébraïque. Sa date civile change parce que ce calendrier combine mois lunaires, ajustement solaire et règles de report. Il faut ensuite convertir le 1er tichri en date grégorienne, puis se rappeler que la journée hébraïque débute au coucher du soleil et que la fête dure deux jours.
Partir de la date hébraïque fixe : le 1er tichri
La date de référence n'est pas un jour de septembre ou d'octobre, mais le 1er tichri. Tichri est le premier mois de l'année civile hébraïque, même si la numérotation religieuse des mois commence avec nissan. Cette différence de point de départ ne modifie pas le calcul : Roch Hachana correspond toujours aux deux premiers jours de tichri.
Pour vérifier une occurrence dans un calendrier, il faut donc rechercher successivement 1 tichri et 2 tichri. La présentation générale de Roch Hachana - Nouvel An juif permet de replacer ces dates dans l'événement, tandis que le calcul repose exclusivement sur le calendrier hébraïque.
Une confusion fréquente consiste à chercher une équivalence civile permanente. Il n'existe pas de date grégorienne unique pour le 1er tichri : la correspondance doit être déterminée pour chaque année hébraïque.
Comprendre pourquoi la correspondance civile varie
Le calendrier hébraïque est luni-solaire. Ses mois suivent le cycle de la Lune et comptent 29 ou 30 jours. Douze mois lunaires forment une année plus courte qu'une année solaire. Sans correction, tichri se déplacerait progressivement à travers toutes les saisons.
Pour maintenir les mois dans leur saison, le calendrier ajoute périodiquement un mois. Il utilise un cycle de 19 ans comprenant 12 années ordinaires et 7 années embolismiques, aussi appelées années bissextiles hébraïques.
Repérer une année embolismique
Dans chaque cycle de 19 ans, les années embolismiques occupent les rangs 3, 6, 8, 11, 14, 17 et 19. Pour contrôler le type d'une année hébraïque, on peut suivre cette méthode :
- prendre le numéro de l'année hébraïque ;
- le diviser par 19 ;
- relever sa position ou son reste dans le cycle ;
- identifier une année de rang 3, 6, 8, 11, 14, 17 ou 19 comme embolismique ;
- tenir compte du mois supplémentaire placé avant nissan ;
- effectuer ensuite la conversion vers le calendrier civil.
Le mois ajouté est un second adar. Cette correction explique une grande partie du décalage observé d'une année civile à l'autre, mais elle ne suffit pas à calculer seule le jour exact de Roch Hachana.
Tenir compte des règles de fixation du 1er tichri
Le calendrier hébraïque aujourd'hui employé repose sur des calculs établis, et non sur une simple observation locale de la nouvelle lune. La fixation du 1er tichri prend pour point de départ le molad, c'est-à-dire une nouvelle lune moyenne calculée, puis applique des règles de report appelées dehiyyot.
Ces reports empêchent notamment le premier jour de Roch Hachana de tomber un dimanche, un mercredi ou un vendredi. D'autres règles dépendent de l'heure théorique du molad et de la configuration de l'année précédente ou suivante. Elles assurent la cohérence de la longueur des années et du calendrier liturgique.
Une année hébraïque n'a donc pas toujours la même durée. Selon qu'elle est ordinaire ou embolismique et selon l'ajustement de certains mois, elle peut comporter plusieurs nombres de jours possibles. C'est pourquoi une estimation fondée uniquement sur les phases visibles de la Lune ou sur l'ajout d'un mois peut produire un décalage.
Convertir correctement la date en calendrier civil
Pour une vérification courante, le moyen le plus fiable consiste à utiliser un calendrier hébraïque-grégorien qui affiche les deux systèmes en parallèle. Un calcul manuel complet exige de compter les mois et les années depuis une époque de référence, puis d'appliquer le cycle de 19 ans, les longueurs variables des années et les règles de report.
Lors de la lecture d'un calendrier à double datation, il faut contrôler les éléments suivants :
- le numéro exact de l'année hébraïque ;
- la présence éventuelle d'un second mois d'adar ;
- la ligne correspondant au 1er tichri ;
- la date grégorienne imprimée en regard ;
- l'indication éventuelle d'un début la veille au soir ;
- la succession du 1er et du 2 tichri sur deux dates civiles.
Comparer deux calendriers nécessite aussi de vérifier leur convention d'affichage. Certains placent la fête sous la date civile dont la soirée marque son commencement ; d'autres l'inscrivent sous la journée civile contenant la plus grande partie des heures diurnes.
Intégrer le coucher du soleil et les deux jours
Une date hébraïque commence au coucher du soleil précédant la journée civile généralement indiquée. Si un calendrier associe le 1er tichri à un jour civil donné, Roch Hachana débute donc la veille au soir, et non à minuit. L'heure précise dépend du coucher du soleil au lieu considéré.
La fête couvre le 1er et le 2 tichri. En lecture civile, sa chronologie est la suivante : début au coucher du soleil précédant le 1er tichri, première journée jusqu'au soir, seconde journée hébraïque, puis fin à la tombée de la nuit après le 2 tichri. Il faut distinguer cette durée calendaire de la simple présence de deux numéros dans un agenda.
Pour annoncer une date sans ambiguïté, la formulation la plus claire mentionne à la fois la date civile du 1er tichri et le début la veille au coucher du soleil. Une plage de dates doit inclure les deux jours, sans laisser entendre que la fête commence au matin du premier jour affiché.
Questions fréquentes
Pourquoi Roch Hachana ne revient-elle pas tous les 19 ans à la même date civile ?
Le cycle de 19 ans rapproche les années lunaires du rythme solaire, mais il ne reproduit pas exactement le calendrier grégorien. Les règles de report, les longueurs variables des années hébraïques et les années bissextiles civiles empêchent une répétition civile parfaitement identique.
Peut-on trouver Roch Hachana en observant simplement la nouvelle lune ?
Non. Le calendrier hébraïque fixe actuel repose sur une nouvelle lune moyenne calculée et sur des règles de report. L'observation astronomique locale de la Lune ne suffit donc pas pour déterminer le 1er tichri avec exactitude.
Que signifie une date civile indiquée pour le 1er tichri ?
Elle désigne généralement la journée civile dans laquelle se déroule la partie diurne du 1er tichri. La date hébraïque a toutefois commencé au coucher du soleil de la veille, ce qui doit être intégré à toute indication d'horaire.
Pourquoi certains agendas semblent-ils donner des dates différentes ?
Ils peuvent employer des conventions d'affichage différentes : date de la journée diurne, soirée de début ou plage complète de la fête. Il faut aussi vérifier le fuseau horaire et le lieu utilisé pour calculer le coucher du soleil.
Le mois supplémentaire est-il ajouté juste avant tichri ?
Non. L'année embolismique ajoute un second mois d'adar, plusieurs mois avant tichri. Cette insertion allonge l'année hébraïque et contribue à maintenir les fêtes dans leur saison, sans constituer à elle seule le calcul du 1er tichri.