Yom Kippour : date, signification, jeûne et traditions
Yom Kippour, ou Jour des Expiations et Jour du Grand Pardon, est la journée la plus solennelle du calendrier juif. Elle est observée le 10 Tichri, du coucher du soleil à la tombée de la nuit suivante. Prière, jeûne, repos, confession et réparation structurent cette période d'environ 25 heures, consacrée au repentir et au pardon. Sa date civile change parce qu'elle dépend du calendrier hébraïque.
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Une date hébraïque fixe
Yom Kippour est toujours observé le 10 Tichri. Sa date grégorienne varie parce que le calendrier hébraïque est luni-solaire. La célébration commence le soir et prend fin après la tombée de la nuit suivante.
Une journée de repentir
La techouva associe examen de conscience, confession, abandon de la faute et volonté de changer. Pour les torts causés à une personne, la prière ne remplace pas les excuses, la restitution ou la réparation concrète.
Des offices structurés
Kol Nidre ouvre la liturgie du soir et Neïla constitue l'office de clôture. Entre les deux, les prières, lectures bibliques et confessions collectives rythment une journée largement passée à la synagogue par de nombreux pratiquants.
Un jeûne encadré par la santé
Le jeûne complet est une pratique centrale, mais il ne doit pas mettre une vie ou une santé en danger. Une personne malade ou fragile suit les recommandations médicales et peut demander un accompagnement rabbinique adapté.
Réponse rapide : Yom Kippour tombe toujours le 10 Tichri dans le calendrier hébraïque. L'observance commence avant le coucher du soleil et se termine après la tombée de la nuit suivante, soit environ 25 heures. Dans le calendrier civil, sa date varie d'une année à l'autre, généralement en septembre ou en octobre.
Quand Yom Kippour a-t-il lieu et pourquoi sa date change-t-elle ?
La règle est fixe dans le calendrier juif : Yom Kippour est observé le dixième jour du mois de Tichri. Sa position dans le calendrier grégorien change parce que le calendrier hébraïque est luni-solaire. Ses mois suivent les cycles de la Lune, tandis que des mois supplémentaires sont périodiquement ajoutés afin de conserver les fêtes dans leur saison.
Yom Kippour arrive dix jours après Roch Hachana, qui ouvre une période de repentir souvent appelée les Dix Jours de pénitence ou Jours redoutables. Ces jours relient l'examen de conscience du nouvel an juif à la journée d'expiation. Contrairement à une date civile qui commence à minuit, la journée religieuse juive commence le soir. Les horaires précis dépendent donc du coucher du soleil et de la tombée de la nuit dans chaque ville.
- Repère calendaire : le 10 Tichri, sans changement de règle.
- Début : avant le coucher du soleil du 9 Tichri.
- Fin : après la tombée de la nuit du 10 Tichri.
- Durée usuelle : environ 25 heures, et non une simple journée de minuit à minuit.
- Saison civile : généralement septembre ou octobre.
Ce fonctionnement est comparable, dans son principe seulement, à celui d'autres observances déterminées par un calendrier religieux. Le calcul de Pessa'h relève aussi du calendrier hébraïque, tandis que le Nouvel An musulman suit un calendrier lunaire qui ne comporte pas le même mécanisme de correction saisonnière.
Pourquoi les horaires diffèrent-ils selon les villes ? Le début et la fin reposent sur des phénomènes solaires locaux. Une liste d'horaires établie pour Paris ne doit donc pas être appliquée automatiquement à Marseille, Montréal, Jérusalem ou Bruxelles.
Comment Yom Kippour est-il observé ?
L'observance associe arrêt des activités ordinaires, prière collective, jeûne et introspection. Dans les communautés pratiquantes, une grande partie de la journée est passée à la synagogue. Il ne s'agit pas d'une fête conviviale centrée sur un repas ou des cadeaux, mais d'un temps solennel de retour sur ses actes et de réconciliation.
Avant le début du jeûne, un repas préparatoire est généralement pris. Des bougies peuvent être allumées avant l'entrée de la fête. L'office du soir est notamment associé à Kol Nidre, déclaration liturgique relative aux voeux personnels. La journée suivante comprend plusieurs offices, des lectures bibliques, des confessions collectives et des prières répétées. Elle s'achève avec Neïla, l'office de clôture, puis une sonnerie du shofar dans de nombreuses communautés.
- Préparer la journée et régler autant que possible les conflits avec autrui.
- Prendre un repas avant le commencement de l'observance.
- Entrer dans la fête avant le coucher du soleil.
- Participer à Kol Nidre et aux prières du soir.
- Observer le jeûne et le repos selon sa situation et sa tradition.
- Suivre les offices et les confessions liturgiques de la journée.
- Participer à Neïla, puis rompre le jeûne après la fin religieuse.
La place de la prière rapproche Yom Kippour d'autres grandes célébrations religieuses, sans en effacer les différences doctrinales. Le recueillement de la Nuit du Destin, le cycle de jeûne du Ramadan ou les offices de Pâques répondent à leurs propres textes, calendriers et pratiques.
Qu'est-ce qui est traditionnellement interdit pendant Yom Kippour ?
La tradition rabbinique définit cinq privations corporelles, parfois appelées afflictions. Elles traduisent la mise à distance temporaire du confort matériel. Elles ne doivent pas être réduites à une liste de contraintes : leur fonction est de soutenir la prière, le repentir et la concentration spirituelle.
- Ne pas manger ni boire.
- Ne pas se laver pour le confort ou l'agrément.
- Ne pas s'appliquer d'huiles, de crèmes ou de lotions pour l'agrément.
- Ne pas porter de chaussures en cuir.
- S'abstenir de relations conjugales.
Yom Kippour comporte également une cessation du travail comparable, dans son degré de solennité, au repos du Chabbat.
La santé prime sur le jeûne. Dans le judaïsme, la préservation de la vie et de la santé peut imposer de manger, de boire ou de prendre un traitement. Les enfants, les personnes malades, certaines personnes âgées, les femmes enceintes ou allaitantes et toute personne présentant un risque médical ne doivent pas improviser. Un avis médical compétent peut être complété par l'avis d'une autorité rabbinique pour adapter l'observance.
Les gestes nécessaires à l'hygiène ou à la santé ne se confondent pas avec une toilette de confort. De même, prendre un médicament prescrit n'est pas une faute à compenser. Les modalités varient selon l'état de santé et les décisions religieuses suivies.
Que signifie le pardon à Yom Kippour ?
Yom Kippour signifie littéralement « jour des expiations ». Son coeur spirituel est la techouva, le retour vers une conduite juste. Celle-ci suppose davantage qu'un regret intérieur : reconnaître la faute, l'abandonner, la confesser et s'efforcer de ne pas la répéter.
Une distinction fondamentale concerne le destinataire de la faute. La prière et Yom Kippour portent sur la relation avec Dieu, mais une faute commise contre une autre personne demande d'abord une démarche auprès de cette personne. Il faut chercher à réparer le tort, restituer ce qui doit l'être et demander pardon avec sincérité. La journée ne permet donc pas d'éviter la responsabilité humaine.
- Introspection : examiner ses actes sans transformer l'exercice en simple culpabilité.
- Confession : nommer les fautes dans une liturgie souvent formulée au pluriel.
- Réparation : corriger concrètement un dommage lorsque cela est possible.
- Réconciliation : solliciter le pardon de la personne lésée.
- Engagement : prendre une résolution réaliste pour modifier sa conduite.
Le pardon religieux ne remplace ni les excuses adressées à autrui, ni la restitution, ni la réparation. Yom Kippour relie la conscience, la parole et les actes.
Cette dimension distingue Yom Kippour d'une commémoration triste au sens strict. La journée est grave et exigeante, mais elle porte aussi l'espérance d'un recommencement moral. Le blanc, souvent porté à la synagogue, peut évoquer la pureté, la simplicité et le détachement des signes de statut.
D'où vient le Jour des Expiations ?
Les fondements bibliques de Yom Kippour se trouvent principalement dans le Lévitique. Le chapitre 16 décrit le rite annuel d'expiation accompli par le grand prêtre dans le sanctuaire, tandis que Lévitique 23 situe cette observance au dixième jour du septième mois du calendrier biblique et prescrit repos et affliction de soi. L'expression biblique est Yom HaKippourim, le Jour des Expiations.
Période biblique : l'expiation collective est liée au sanctuaire, au grand prêtre et à des rites sacrificiels précis.
Temps des Temples : le service du grand prêtre à Jérusalem occupe une place centrale dans la journée.
Après la destruction du Second Temple en 70 : la prière, le jeûne, la confession et la repentance deviennent les principaux cadres de l'observance.
Pratiques contemporaines : les rites restent structurés par les textes, avec des mélodies, usages et langues qui diffèrent selon les communautés.
Le récit du bouc envoyé au désert appartient au rituel décrit dans le Lévitique. Il ne justifie pas l'expression moderne « bouc émissaire » appliquée sans nuance à une personne accusée. Dans le texte ancien, les deux boucs participent à un dispositif rituel collectif dont l'interprétation demande de respecter son contexte.
Yom Kippour ne doit pas être confondu avec Hanoucca et ses lumières, ni avec Pessa'h, qui commémore la sortie d'Egypte. Ces célébrations appartiennent toutes au judaïsme, mais elles n'ont ni la même origine, ni la même liturgie, ni le même statut.
Comment souhaiter un bon Yom Kippour avec respect ?
Une formule sobre est généralement préférable à « joyeux Yom Kippour », qui correspond mal à la solennité de la journée. En français, on peut dire « bon jeûne », « bonne signature » ou simplement souhaiter un Yom Kippour porteur de pardon et de paix.
Les formules hébraïques usuelles comprennent Gmar hatima tova, souhait d'une bonne inscription ou signature définitive, et Tsoum kal, « jeûne facile ». La première convient particulièrement à l'esprit de la période. La seconde est courante, même si certaines personnes préfèrent souhaiter un jeûne significatif plutôt que facile.
- Choisir une formule courte et sincère.
- Ne pas souhaiter automatiquement une « bonne fête » sur un ton festif.
- Eviter de proposer nourriture ou boisson à une personne qui jeûne.
- Respecter le fait que tous les Juifs n'observent pas Yom Kippour de la même manière.
- Ne pas demander à quelqu'un de justifier une exemption médicale.
- Tenir compte des horaires locaux avant d'appeler ou d'envoyer un message.
Le respect des pratiques individuelles vaut pour toutes les célébrations familiales et religieuses. Les usages de la Saint Nicolas, par exemple, varient eux aussi fortement selon les pays et les familles, mais Yom Kippour conserve un caractère spécifiquement juif et pénitentiel.
Comment Yom Kippour se vit-il en France et ailleurs ?
Le cadre liturgique est commun, mais les langues, mélodies, horaires et habitudes communautaires varient. Les différences ne permettent pas de classer une pratique comme plus authentique qu'une autre sans considérer la tradition suivie, qu'elle soit ashkénaze, séfarade, mizrahie ou issue d'un autre courant du judaïsme.
Comment ça se passe en France ?
- Les offices sont organisés dans les synagogues selon les horaires solaires de chaque ville.
- Le français peut accompagner l'hébreu dans les explications, lectures ou livrets.
- Yom Kippour n'est pas un jour férié national, ce qui peut nécessiter une organisation personnelle pour le travail ou les études.
- Les traditions séfarades et ashkénazes sont toutes deux présentes, avec des mélodies et usages distincts.
Comment ça se passe dans le monde ?
- En Israël, la vie publique ralentit très fortement et la circulation routière est extrêmement réduite.
- Dans la diaspora, les communautés adaptent les horaires et l'accueil aux réalités locales.
- Les textes centraux sont partagés, mais la prononciation, la musique et certains usages vestimentaires diffèrent.
- La rupture du jeûne repose sur des habitudes familiales diverses, souvent avec des aliments simples et faciles à digérer.
L'expression « guerre du Kippour » désigne le conflit déclenché le 6 octobre 1973 par l'Egypte et la Syrie contre Israël, pendant Yom Kippour. Cette appellation historique ne doit pas être confondue avec la fête elle-même. La journée religieuse lui est bien antérieure et son sens repose sur l'expiation, la prière et le repentir.
Trois blagues autour de Yom Kippour
- Pourquoi le shofar ne raconte-t-il pas de secret ? Parce qu'il finit toujours par sonner.
- Le livre de prières est très ponctuel : il est toujours à l'office.
- Après le jeûne, même la soupe reçoit une ovation.
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Souhaiter Yom Kippour : formules et usages respectueux
Pour souhaiter Yom Kippour avec respect, privilégiez une formule sobre comme « Bon Yom Kippour » ou « Gmar hatima tova ». Le choix dépend du moment, du degré de proximité et des usages de la personne. Voici les traductions utiles, des messages prêts à l'emploi et les expressions à éviter.
Yom Kippour dans la Bible, le Temple et le bouc émissaire
Lévitique 16 décrit un rite annuel de purification du sanctuaire accompli par le grand prêtre, avec deux boucs aux fonctions distinctes. Après la disparition du Temple, l'expiation de Yom Kippour s'est recentrée sur la prière, la confession, le repentir et la mémoire liturgique du service sacerdotal.
Prières de Yom Kippour : de Kol Nidre à Neïla
La liturgie de Yom Kippour forme un parcours continu, depuis Kol Nidre et l'office du soir jusqu'à Neïla, la prière de clôture. Chaque étape associe louange, lecture biblique, confession et demande de pardon, avant la proclamation finale et la sonnerie du shofar.
Jeûne de Yom Kippour : règles, exemptions et santé
Le jeûne de Yom Kippour interdit de manger et de boire, mais il s'inscrit dans un ensemble de cinq privations. La protection de la santé reste prioritaire : maladie, grossesse, traitement ou fragilité peuvent imposer une adaptation, à déterminer avec un médecin et une autorité rabbinique compétente.
Yom Kippour : La fête du grand pardon
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Les dimensions essentielles de Yom Kippour
Yom Kippour occupe une place majeure dans le calendrier juif. Le repos, la durée des offices et la concentration sur l'expiation expliquent ce degré maximal de solennité.
De Kol Nidre à Neïla, plusieurs offices, lectures et confessions structurent l'observance. Beaucoup de fidèles passent ainsi une part importante de la journée à la synagogue.
La préparation et la rupture du jeûne peuvent réunir les proches, mais le coeur de la journée demeure la prière et l'introspection plutôt qu'un repas familial festif.
La journée n'est pas festive au sens courant : ni cadeaux ni banquet pendant l'observance. Elle conserve toutefois une espérance de pardon, de purification et de recommencement.
Les principaux repères de Yom Kippour
| Repère | Pratique ou règle | Signification |
|---|---|---|
| Date religieuse | 10 Tichri | Règle fixe du calendrier hébraïque |
| Durée | Du soir à la nuit suivante | Environ 25 heures selon les horaires locaux |
| Jeûne | Abstention de nourriture et de boisson | Affliction de soi et concentration spirituelle |
| Kol Nidre | Office ou déclaration liturgique du soir | Ouverture solennelle de l'observance |
| Neïla | Office final | Clôture de la journée de prière |
| Pardon envers autrui | Excuses et réparation | La prière ne remplace pas la responsabilité personnelle |
| Fin de l'observance | Sonnerie du shofar dans de nombreuses communautés | Marque la clôture avant la rupture du jeûne |
Questions fréquentes
Quelle est la signification de Yom Kippour ?
Yom Kippour signifie « jour des expiations ». La journée est consacrée au repentir, à la confession, à la prière, au pardon et à la réparation des fautes.
A quelle date Yom Kippour a-t-il lieu ?
Yom Kippour a toujours lieu le 10 Tichri dans le calendrier hébraïque. Sa correspondance civile change et se situe généralement en septembre ou en octobre.
Quand commence le jeûne de Yom Kippour ?
Le jeûne commence avant le coucher du soleil au début du 10 Tichri, donc dès le soir civil précédent. L'horaire exact dépend de la ville.
Qu'est-ce qui est interdit pendant Yom Kippour ?
La tradition retient cinq privations : manger ou boire, se laver pour l'agrément, s'enduire de lotions, porter des chaussures en cuir et avoir des relations conjugales. Le travail est également suspendu.
Qui est dispensé de jeûner ?
Une personne dont la santé serait mise en danger ne doit pas jeûner. Les situations médicales, la grossesse, l'allaitement, l'âge ou un traitement nécessitent un avis adapté, médical et éventuellement rabbinique.
Yom Kippour est-il la fête juive la plus importante ?
Il est couramment considéré comme le jour le plus saint et le plus solennel du calendrier juif. Chaque fête possède cependant sa fonction propre et ne se résume pas à un classement.
Qu'est-ce que Kol Nidre ?
Kol Nidre est une déclaration liturgique récitée au début de l'office du soir. Elle concerne certaines catégories de voeux personnels et ne dispense pas des engagements pris envers autrui.
Pourquoi sonne-t-on du shofar à la fin ?
Dans de nombreuses communautés, une longue sonnerie du shofar marque la clôture de Neïla et la fin de la journée. Elle précède la rupture du jeûne.
Quel rapport existe-t-il entre Yom Kippour et la guerre de 1973 ?
Le conflit commencé le 6 octobre 1973 est appelé guerre du Kippour parce que l'attaque a été lancée pendant cette fête. Le conflit et la célébration religieuse sont deux sujets distincts.
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