Les essais nucléaires français au Sahara et en Polynésie
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Les essais nucléaires français se répartissent entre deux grandes zones et quatre sites principaux. De 1960 à 1966, la France réalise 17 essais au Sahara algérien, près de Reggane puis à In Eker. De 1966 à 1996, elle en conduit 193 en Polynésie française, sur les atolls de Moruroa et Fangataufa. Les tirs sont d'abord atmosphériques, puis souterrains à partir de 1975.

Les quatre sites à retenir

La géographie du programme français ne se limite pas à une opposition entre Sahara et Pacifique. Chaque zone comprend des sites aux fonctions et aux caractéristiques distinctes.

  • Reggane, dans le Sahara algérien: le Centre saharien d'expérimentations militaires est associé aux quatre premiers essais français, effectués dans l'atmosphère en 1960 et 1961. Les explosions ont lieu dans le secteur d'Hamoudia, au sud-ouest de Reggane.
  • In Eker, dans le massif du Hoggar: le Centre d'expérimentations militaires des oasis accueille 13 essais souterrains entre 1961 et 1966. Les engins sont placés dans des galeries creusées dans le massif granitique du Tan Afella.
  • Moruroa, en Polynésie française: cet atoll des Tuamotu constitue le site principal du Centre d'expérimentation du Pacifique. Il accueille des essais atmosphériques, puis des tirs souterrains réalisés sous la couronne corallienne ou sous le lagon.
  • Fangataufa, en Polynésie française: situé au sud de Moruroa, cet atoll est utilisé moins fréquemment. Il accueille notamment le premier essai thermonucléaire français en 1968 ainsi que le dernier essai français en 1996.

Ces territoires sont aujourd'hui étudiés comme des espaces militaires, environnementaux et mémoriels. Cette pluralité rejoint les enjeux de la science au service de la paix et du développement, car l'expertise scientifique intervient à la fois dans la conception des armes, l'évaluation des conséquences et la surveillance des anciens sites.

1960-1966: la période saharienne

Reggane et les quatre tirs atmosphériques

Le premier essai nucléaire français, nommé Gerboise bleue, a lieu le 13 février 1960 dans la région de Reggane. Trois autres explosions atmosphériques suivent jusqu'en avril 1961. Les engins sont placés sur une tour ou au niveau du sol, ce qui expose l'environnement aux retombées et à la dispersion de matières radioactives.

In Eker et le passage aux essais souterrains

La campagne se déplace ensuite vers In Eker. Treize explosions souterraines y sont réalisées de novembre 1961 à février 1966. Leur confinement n'est pas toujours complet. Lors de l'essai Béryl, le 1er mai 1962, des matières radioactives s'échappent de la galerie et contaminent les abords immédiats.

L'indépendance de l'Algérie, proclamée en 1962, n'entraîne pas un arrêt immédiat. Les accords d'Evian permettent temporairement à la France de continuer à utiliser certaines installations sahariennes. Cette chronologie explique pourquoi les essais d'In Eker se prolongent plusieurs années après la fin de la souveraineté française sur l'Algérie. Leur héritage s'inscrit ainsi dans les discussions internationales sur la coopération, notamment lors de la Journée des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud.

1966-1996: trente ans d'essais en Polynésie

Après la période saharienne, le Centre d'expérimentation du Pacifique devient le coeur du programme. La France réalise 193 essais nucléaires en Polynésie française: 46 atmosphériques et 147 souterrains.

  1. 1966: début des expérimentations dans le Pacifique, avec des explosions atmosphériques à Moruroa.
  2. 1968: premier essai français d'une arme thermonucléaire, à Fangataufa.
  3. 1974: dernière campagne française d'essais atmosphériques.
  4. 1975: passage aux essais souterrains, dans des puits forés sous les atolls ou leurs lagons.
  5. 1992: début d'un moratoire français sur les essais.
  6. 1995-1996: reprise limitée avec une dernière campagne de six essais, achevée à Fangataufa le 27 janvier 1996.

La différence entre tir atmosphérique et tir souterrain est essentielle. Une explosion atmosphérique libère directement des produits radioactifs susceptibles d'être transportés par les vents. Un tir souterrain vise leur confinement dans la roche, sans supprimer les questions liées aux fuites éventuelles, aux déchets et à la stabilité géologique. La mesure des rayonnements renvoie aux usages présentés lors de la Journée internationale de la radiologie, tandis que la comparabilité des relevés dépend aussi des principes rappelés par la Journée mondiale de la métrologie.

1996: fin des explosions, poursuite des débats

Le 27 janvier 1996 marque la fin effective des expérimentations nucléaires françaises. La France annonce ensuite l'arrêt définitif de ses essais et démantèle progressivement les installations d'expérimentation du Pacifique. Depuis, la mise au point de l'arsenal repose notamment sur la simulation, sans nouvelle explosion nucléaire.

La fin des tirs ne correspond pas à la fin de leurs conséquences administratives, sanitaires, environnementales et mémorielles.

Les débats portent en particulier sur l'exposition des personnels civils et militaires, des travailleurs locaux et des populations; sur la reconnaissance des maladies susceptibles d'être liées aux rayonnements; sur les conditions d'indemnisation; sur l'accès aux archives; et sur le suivi radiologique et géologique des sites. En France, un dispositif légal d'indemnisation des victimes des essais nucléaires existe depuis 2010, mais ses critères et son application ont régulièrement suscité des discussions.

En Polynésie, la mémoire des essais se mêle aux rapports entre l'Etat et le territoire, au consentement des populations et à la transmission de l'histoire. Au Sahara, elle implique également les relations franco-algériennes, l'identification des zones affectées et la connaissance des déchets laissés sur place. La conservation des traces matérielles relève aussi des questions portées par la Journée internationale des monuments et des sites.

Ces enjeux donnent au décompte de 210 essais une dimension humaine et politique. Ils expliquent pourquoi la Journée internationale contre les essais nucléaires sert aussi de cadre à la mémoire des populations concernées. Les associations et collectifs jouent un rôle dans la collecte des témoignages, l'accès aux dossiers et la reconnaissance publique, en écho au travail mis en valeur par la Journée mondiale des ONG.

EN VIDÉO

Secrets de la Bombe Française: Les Essais Nucléaires en Polynésie | SLICE HISTOIRE | DOC COMPLET

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Chaîne : SLICE Histoire · Durée : 25:47

Questions fréquentes

Combien d'essais nucléaires la France a-t-elle réalisés?

La France a réalisé 210 essais nucléaires entre 1960 et 1996. Dix-sept ont eu lieu au Sahara algérien et 193 en Polynésie française. Ce total comprend 50 essais atmosphériques et 160 essais souterrains.

Quels étaient les sites français d'essais nucléaires au Sahara?

Les quatre premiers essais atmosphériques ont été conduits dans le secteur d'Hamoudia, près de Reggane. Les treize essais suivants ont été réalisés en galerie dans le massif du Tan Afella, près d'In Eker, dans le Hoggar.

Moruroa et Fangataufa ont-ils eu le même rôle?

Non. Moruroa a été le principal site d'expérimentation du Pacifique et a accueilli la grande majorité des tirs polynésiens. Fangataufa a été utilisé plus ponctuellement, notamment pour le premier essai thermonucléaire français en 1968 et pour le dernier essai en 1996.

Quand la France a-t-elle cessé les essais atmosphériques?

La dernière campagne française d'essais atmosphériques s'est déroulée en 1974 en Polynésie. A partir de 1975, les explosions ont été réalisées sous terre, dans des puits forés sous les atolls ou leurs lagons.

Quel a été le dernier essai nucléaire français?

Le dernier essai nucléaire français a eu lieu le 27 janvier 1996 à Fangataufa, en Polynésie française. Il clôturait une série de six essais menée après la levée du moratoire commencé en 1992.

Pourquoi les anciens sites restent-ils surveillés?

La surveillance vise notamment à suivre la radioactivité, l'état géologique des atolls polynésiens et les zones sahariennes concernées. Elle accompagne des enjeux durables d'information, d'archives, de santé publique, d'indemnisation et de gestion des matières ou équipements contaminés.

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