Organiser une action pour les femmes et les filles de science
Illustration originale autour de Organiser une action pour les femmes et les filles de science.

Une action réussie sur les femmes et les filles de science ne tient pas à un slogan, mais à une intention claire et à une organisation rigoureuse. Que vous prépariez une séance de classe, un événement universitaire, une initiative de laboratoire, une animation associative ou une mobilisation en entreprise, l’enjeu est de proposer une expérience scientifique réelle, accessible et suivie d’effets. Cette méthode vous aide à cadrer, animer et améliorer votre action.

1) Définir un objectif vérifiable (et un public précis)

Commencez par formuler un objectif opérationnel en une phrase, avec un public et un résultat attendu. Évitez les objectifs trop généraux (« sensibiliser ») sans indicateur. Un objectif utile décrit ce que les participantes et participants feront, comprendront ou pourront décider à l’issue de l’action. Appuyez-vous sur la Journée internationale des femmes et des filles de science comme cadre, mais construisez un format adapté à vos moyens.

  • Public : niveau (école, licence, doctorat, salariés), taille du groupe, prérequis.
  • Résultat : une question scientifique comprise, une rencontre qualifiée, une ressource produite, un engagement de suivi.
  • Contraintes : durée réelle, budget, lieu, accessibilité, autorisations, sécurité.
  • Mesure simple : mini-questionnaire, nombre de binômes mentorés, liste d’actions décidées, retours qualitatifs.

Fixez ensuite 2 à 3 messages clés maximum. Exemples : « la science se pratique en équipe », « une démarche expérimentale peut être expliquée simplement », « poser des questions fait partie du métier ».

2) Choisir les intervenantes et sécuriser un cadre de prise de parole

La qualité des échanges dépend davantage du casting et du brief que de la notoriété. Cherchez des profils variés (disciplines, parcours, fonctions) et surtout disponibles pour dialoguer. Prévenez l’effet « modèle parfait » : l’objectif est de rendre le travail scientifique concret, pas de mettre des personnes sur un piédestal.

Brief intervenantes : thème, niveau du public, vocabulaire à privilégier, durée, message clé, ce qui doit rester confidentiel (données, projets non publiés), et place accordée aux questions. Proposez un cadre de discussion respectueux (droit de ne pas répondre, modération, questions anonymes possibles) afin d’éviter les intrusions sur la vie privée ou les stéréotypes.

3) Construire un contenu scientifique concret (pas une conférence vitrine)

Pour éviter la communication symbolique, ancrez l’action sur un objet scientifique. Une bonne règle : montrer un raisonnement (hypothèse, protocole, observation, limites) plutôt que raconter uniquement un parcours. Choisissez un contenu compatible avec le temps et le lieu : mini-expérience, étude de cas, démonstration, analyse de données simplifiée, visite commentée, ou atelier de résolution de problème.

Un format simple : « 1 question, 1 méthode, 1 limite »

  • 1 question : formulée comme un problème (ex. « comment mesurer... ? », « comment décider entre... ? »).
  • 1 méthode : une technique ou un outil (même simplifié) expliqué étape par étape.
  • 1 limite : incertitude, biais, contrainte matérielle, arbitrage éthique ou sécurité.

Préparez des supports sobres : une page recto avec glossaire, schéma, consignes de sécurité, et une liste de ressources internes (contacts, clubs, bibliothèques, formations) pour la suite.

4) Rendre l’activité réellement accessible et inclusive

L’accessibilité se joue avant le jour J. Vérifiez : lieu sans obstacles, micro, visibilité, rythme, et conditions d’accueil (horaires compatibles, signalétique). Côté contenu, explicitez les prérequis, définissez les termes, et prévoyez plusieurs modes de participation : oral, écrit, anonymat, petits groupes.

  • Inscription : questions de besoins (mobilité, audition, alimentation) sans exiger de justification.
  • Supports : contrastes lisibles, acronymes expliqués, versions partageables.
  • Animation : temps de réflexion avant questions, tours de parole, reformulation.
  • Sécurité : consignes claires, matériel adapté, encadrement suffisant.
  • Climat : règle « critique des idées, respect des personnes » et modération active.

5) Animer, éviter le symbolique, et organiser un suivi selon le contexte

Le jour J, l’animation doit produire des interactions utiles : questions préparées, temps en petits groupes, collecte de freins et de leviers, et une sortie avec prochaines étapes. Pour éviter le « tout communication », annoncez dès le début ce qui sera fait après : partage de ressources, mise en relation, ou amélioration d’un dispositif existant.

Formats par contexte (adaptables en 60 à 120 minutes) :

  • Classe : atelier « démarche scientifique » (question posée par les élèves, mini-protocole, restitution) + fiche « 3 idées apprises / 1 question à creuser ».
  • Université : clinic de projets (groupes d’étudiantes et étudiants, feedback d’intervenantes sur méthode, bibliographie, et gestion d’incertitude) + mise en relation avec associations ou tutorat.
  • Laboratoire : portes ouvertes ciblées (parcours d’un échantillon/donnée jusqu’au résultat, focus sur métiers de soutien) + engagement à proposer des stages/immersions transparents sur critères et attentes.
  • Association : cycle court (2 séances) : découverte + atelier de pratique (code, manip, logique) + orientation vers clubs locaux, concours, ou médiation scientifique.
  • Entreprise : retour d’expérience technique (problème réel résolu, arbitrages) + atelier « questions de carrière » encadré (compétences, mobilité, formation) et plan de mentorat interne.

Suivi minimal : envoyez sous une semaine un message unique avec supports, contacts, et une action simple à réaliser (s’inscrire à un club, demander un entretien d’orientation, proposer un mini-projet). Collectez un retour court (3 questions) pour améliorer le format à la prochaine édition.

Questions fréquentes

Comment choisir une intervenante si l'on n'a pas de réseau scientifique ?

Contactez d'abord les structures proches : université, médiathèque scientifique, fablab, associations de médiation, réseaux d'alumni. Proposez un format clair, court, avec un brief écrit et une option de participation à distance. Facilitez la logistique pour augmenter les chances d'acceptation.

Quel format fonctionne avec peu de temps (moins d'une heure) ?

Privilégiez un duo « mini-démonstration + questions guidées ». Une intervenante présente une question scientifique et une méthode en 10 minutes, puis l'animateur fait travailler le public sur deux questions préparées avant d'ouvrir le temps d'échange libre.

Comment éviter les questions intrusives sur la vie privée pendant l'échange ?

Annoncez des règles simples en ouverture : questions centrées sur le travail, droit de ne pas répondre, et possibilité de questions anonymes. Préparez des relances alternatives (méthode, équipe, outils, difficultés techniques) pour rediriger sans gêner l'intervenante ni le public.

Que faire si l'action risque de n'attirer que des personnes déjà convaincues ?

Changez le point d'entrée : partez d'un problème concret (santé, climat, numérique, sport) plutôt que d'un thème abstrait. Travaillez avec des relais hors « cercle scientifique » (professeurs non scientifiques, RH, clubs) et proposez une activité pratique plutôt qu'une conférence.

Comment transformer l'événement en actions durables après la séance ?

Prévoyez un engagement simple et daté : une session de mentorat, une visite, un atelier mensuel, ou une liste de contacts à activer. Désignez un responsable de suivi, partagez les supports, et mesurez un indicateur léger (participation, demandes, binômes créés).

Ajouter une Date Clé

Vous souhaitez nous proposer une date clé ? Contactez-nous vite !