Pour communiquer sur le handicap, privilégiez des mots précis et respectueux, montrez des personnes actrices de leur vie, utilisez des pictogrammes accompagnés de texte et proposez l'information sous plusieurs formes accessibles. Aucun symbole ne représente à lui seul toutes les situations. Une campagne liée à la Journée internationale des personnes handicapées doit donc combiner clarté, diversité des représentations et accessibilité du support.
Quel vocabulaire employer pour parler du handicap ?
La formulation la plus courante est « personne handicapée » ou « personne en situation de handicap ». La première nomme directement une réalité et peut être revendiquée. La seconde souligne l'influence de l'environnement, mais ne convient pas nécessairement à tout le monde. Lorsqu'une personne ou un collectif exprime une préférence, celle-ci prime.
Il est généralement préférable de parler de personnes plutôt que de les transformer en catégorie abstraite. On écrira ainsi « des personnes aveugles », « des personnes sourdes » ou « des personnes ayant un handicap moteur ». Certaines identités, notamment « Sourd » dans un contexte culturel et linguistique, peuvent toutefois être revendiquées comme telles.
- Décrire un besoin concret : « entrée accessible sans marche » plutôt que « accès spécial ».
- Nommer un aménagement : « interprétation en langue des signes » plutôt que « traduction pour handicapés ».
- Employer « utilise un fauteuil roulant » et non « est cloué à un fauteuil ».
- Dire « personne non handicapée » ou « personne valide » selon le contexte, plutôt que « personne normale ».
- Eviter les expressions qui associent automatiquement handicap, souffrance, héroïsme ou dépendance.
Le même principe de désignation respectueuse s'applique à d'autres campagnes portant sur les identités, comme la Journée internationale des personnes non binaires : ne pas supposer, écouter les termes employés par les personnes concernées et maintenir une formulation cohérente.
Un vocabulaire inclusif décrit une personne, un besoin ou un obstacle sans enfermer quiconque dans une image de victime, de héros ou de bénéficiaire passif.
Choisir des images représentatives sans produire de clichés
Une bonne image montre d'abord une situation crédible : travailler, se déplacer, participer à une réunion, pratiquer une activité, prendre une décision ou partager un moment ordinaire. Le handicap peut être visible sans devenir l'unique sujet de la scène. Une campagne gagne aussi à représenter différents âges, genres, origines et cadres de vie.
Evitez les mises en scène centrées sur la pitié, l'isolement ou le dépassement extraordinaire d'un geste banal. Une personne handicapée ne doit pas servir de décor émotionnel à l'action d'une personne non handicapée. Cette vigilance concernant la dignité et la pluralité des portraits est également pertinente pour la représentation des personnes d'ascendance africaine.
Quatre questions avant de valider un visuel
- La personne est-elle actrice ? Son rôle doit être compréhensible et ne pas se limiter à recevoir de l'aide.
- La scène est-elle plausible ? Les équipements, gestes et interactions doivent sembler naturels.
- Le cadrage respecte-t-il la dignité ? Evitez de réduire une personne à son fauteuil, sa canne, sa prothèse ou son chien-guide.
- Le message reste-t-il clair sans l'image ? Une information essentielle ne doit jamais dépendre uniquement d'une photographie ou d'une illustration.
Pictogrammes et symboles : les utiliser avec précision
Le pictogramme du fauteuil roulant signale principalement une accessibilité liée à la mobilité. Il ne constitue pas un portrait universel du handicap. Employé seul sur une campagne générale, il peut laisser croire que seuls les handicaps moteurs sont concernés. Il reste pertinent pour indiquer un accès, une place, un itinéraire ou un équipement accessible.
Une oreille barrée, un oeil stylisé, une canne ou des mains en mouvement peuvent évoquer des besoins particuliers, mais leur compréhension dépend du contexte. Les langues des signes sont des langues à part entière : une paire de mains décorative ne signifie pas nécessairement qu'une interprétation est proposée. Pour annoncer ce service, écrivez-le explicitement et consultez les usages présentés à l'occasion de la Journée internationale des langues des signes.
- Associer chaque pictogramme à un libellé textuel court.
- Conserver les mêmes symboles sur l'affiche, le programme et la signalétique.
- Vérifier le contraste, la taille et la lisibilité à distance.
- Ne pas inventer un symbole ambigu pour une information essentielle.
- Faire tester la signalétique dans son contexte réel d'utilisation.
Rendre la campagne accessible dans tous ses formats
Une communication n'est pas inclusive si son message devient inaccessible lors de sa diffusion. L'accessibilité doit concerner le texte, l'image, la vidéo, le document téléchargeable et la publication sur les réseaux sociaux. Cette exigence rejoint le principe défendu par la Journée internationale de l'accès universel à l'information : pouvoir recevoir et comprendre une information utile.
Texte et mise en page
Utilisez des phrases directes, des titres explicites, des paragraphes courts et un contraste suffisant. Evitez les blocs en capitales, les polices décoratives pour le corps du texte et les informations transmises uniquement par la couleur. Un lien doit décrire sa destination. Pour un contenu destiné à un large public, une version en langage clair peut compléter la version principale.
Images, audio et vidéo
Ajoutez un texte alternatif aux images informatives. Il doit transmettre leur fonction et les éléments nécessaires à la compréhension, sans dresser l'inventaire de chaque détail. Les vidéos parlées demandent des sous-titres lisibles et synchronisés. Une transcription sert les personnes qui ne peuvent pas écouter ou visionner le contenu. Lorsque l'action visuelle apporte une information absente de l'audio, une audiodescription peut être nécessaire.
Documents et publications sociales
Structurez les documents avec de vrais titres, un ordre de lecture logique et des liens identifiables. Sur les réseaux sociaux, placez les mots avant une suite d'émojis, limitez les effets clignotants et décrivez les visuels. Une affiche imprimée peut renvoyer vers une version numérique accessible, mais le code à scanner ne doit pas être l'unique moyen d'obtenir les renseignements pratiques.
Erreurs fréquentes avant publication
La relecture finale doit porter autant sur le fond que sur l'accès au message. Une campagne consacrée aux droits humains ne peut pas présenter l'accessibilité comme une faveur facultative. Cette approche fondée sur l'égalité rejoint le cadre plus large de la Journée des droits de l'homme.
- Employer « malgré son handicap » sans que cette opposition soit utile.
- Choisir uniquement des photographies tristes ou spectaculaires.
- Utiliser un fauteuil roulant comme symbole de toutes les réalités.
- Publier une infographie sans équivalent textuel.
- Ajouter des sous-titres automatiques sans les relire.
- Promettre un lieu ou un contenu « totalement accessible » sans préciser les aménagements disponibles.
- Parler au nom des personnes concernées sans faire relire la campagne par des personnes aux expériences pertinentes.
La formulation finale la plus utile reste factuelle : indiquez les accès, les formats, les services et les coordonnées permettant de poser une question. Le public peut alors décider sur la base d'informations précises, sans devoir interpréter un symbole vague ni révéler des données personnelles inutiles.
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Questions fréquentes
Faut-il dire « personne handicapée » ou « personne en situation de handicap » ?
Les deux formulations sont employées. « Personne handicapée » nomme directement la réalité et peut être revendiquée. « Personne en situation de handicap » insiste sur le rôle de l'environnement. Le contexte et la préférence exprimée par la personne ou le collectif concerné doivent guider le choix.
Le pictogramme du fauteuil roulant peut-il représenter toute une campagne ?
Il peut servir de repère général, mais il désigne surtout l'accessibilité liée à la mobilité. Pour une campagne portant sur plusieurs besoins, mieux vaut l'accompagner d'un titre explicite, d'autres informations visuelles pertinentes et surtout de descriptions textuelles des aménagements proposés.
Comment rédiger le texte alternatif d'une image de campagne ?
Décrivez la fonction de l'image et les éléments indispensables à la compréhension du message. Si le visuel contient du texte, reprenez l'information utile dans la publication ou dans l'alternative. Une image purement décorative peut recevoir une alternative vide afin de ne pas alourdir la lecture avec un lecteur d'écran.
Une vidéo sous-titrée est-elle automatiquement accessible ?
Non. Les sous-titres doivent être exacts, synchronisés et inclure les informations sonores importantes. Une transcription peut aussi être nécessaire. Si des actions ou des textes visibles ne sont pas expliqués dans la bande sonore, une description audio ou une autre présentation textuelle doit les restituer.
Comment annoncer l'accessibilité d'un événement sans être vague ?
Listez les dispositifs disponibles : accès sans marche, ascenseur, toilettes accessibles, boucle à induction, interprétation en langue des signes, sous-titrage, espace calme ou documents en formats adaptés. Ajoutez un contact pour les demandes précises plutôt que d'affirmer simplement que tout est accessible.
Peut-on utiliser des émojis dans une publication inclusive ?
Oui, avec modération. Placez l'information essentielle en mots, évitez les longues suites d'émojis et ne leur confiez pas une signification indispensable. Leur lecture peut varier selon les technologies d'assistance, les plateformes et les habitudes du public.