Le 8 mai 1945 correspond juridiquement et militairement à une reddition sans condition de l'Allemagne, couramment appelée capitulation, et non à un armistice négocié. Un premier acte est signé à Reims le 7 mai, puis un second à Berlin-Karlshorst dans la nuit du 8 au 9 mai. Les deux textes fixent la cessation des opérations au 8 mai à 23 h 01, heure d'Europe centrale.
Armistice, reddition ou capitulation : quels mots employer ?
Un armistice est une convention conclue entre des adversaires pour suspendre les combats. Il peut prévoir des conditions négociées sans entraîner, à lui seul, la disparition des autorités politiques ou la reddition complète de toutes les forces armées. L'armistice du 11 novembre 1918 explique que le mot soit parfois employé par analogie pour 1945, mais cette analogie est juridiquement trompeuse.
En mai 1945, les représentants allemands ne négocient pas une simple suspension des hostilités. Ils acceptent la reddition militaire sans condition de toutes les forces allemandes placées sous leur contrôle. Les actes imposent notamment l'arrêt des opérations, le maintien des troupes à leurs positions et l'exécution des ordres donnés par les commandements alliés.
Les termes peuvent donc être distingués ainsi :
- Armistice : accord suspendant les combats selon des clauses acceptées par les adversaires.
- Cessez-le-feu : arrêt des tirs, parfois limité dans le temps ou dans l'espace.
- Reddition : soumission de forces militaires à l'autorité de l'adversaire.
- Capitulation : terme usuel désignant la reddition, ici totale et sans condition, des forces allemandes.
- Traité de paix : règlement politique et juridique distinct, qui n'est pas l'objet des actes de mai 1945.
Le premier acte est signé à Reims le 7 mai
Le premier acte de reddition est signé le 7 mai 1945 à 2 h 41, au quartier général du commandement allié installé dans un bâtiment scolaire de Reims. Le général allemand Alfred Jodl, mandaté par l'amiral Karl Dönitz, signe pour le haut commandement allemand.
Les représentants présents à Reims
Le général américain Walter Bedell Smith signe au nom du commandant suprême des forces expéditionnaires alliées. Le général soviétique Ivan Sousloparov signe pour le haut commandement soviétique. Le général français François Sevez appose sa signature comme témoin.
Le document ordonne la reddition sans condition de toutes les forces allemandes sur terre, sur mer et dans les airs. Il prévoit que les opérations cessent le 8 mai à 23 h 01, selon l'heure d'Europe centrale. Le délai séparant la signature de son entrée en vigueur doit permettre de transmettre les ordres aux unités dispersées.
Pourquoi un second acte est-il signé à Berlin ?
Les autorités soviétiques souhaitent que la reddition soit solennellement ratifiée au coeur de la capitale allemande conquise et devant une représentation militaire de premier rang. Le texte signé à Reims prévoyait lui-même qu'il pourrait être remplacé par un instrument plus complet imposé par les Alliés.
Une nouvelle cérémonie se tient donc à Berlin-Karlshorst, siège du commandement soviétique. L'acte porte la date du 8 mai, même si la cérémonie et les signatures se prolongent après minuit selon l'heure locale.
Pour l'Allemagne, signent le maréchal Wilhelm Keitel pour les forces terrestres, l'amiral Hans-Georg von Friedeburg pour la marine et le général Hans-Jürgen Stumpff pour l'aviation. Le maréchal soviétique Gueorgui Joukov et le maréchal de l'air britannique Arthur Tedder reçoivent la reddition. Le général américain Carl Spaatz et le général français Jean de Lattre de Tassigny signent comme témoins.
Reims et Berlin ne désignent pas deux capitulations successives
Les deux actes ne correspondent ni à deux fins différentes de la guerre en Europe ni à une reprise générale des combats entre les cérémonies. Berlin confirme et formalise à un niveau plus solennel la reddition déjà acceptée à Reims. Les textes présentent quelques différences de rédaction et de représentation, mais reposent sur la même exigence : la soumission militaire sans condition.
L'heure décisive reste 23 h 01 le 8 mai 1945, heure d'Europe centrale. C'est à cet instant que la cessation des opérations prévue par les actes devient effective. Des combats isolés ou des redditions locales peuvent encore survenir en raison des délais de transmission ou du refus de certaines unités, sans modifier la portée générale de l'acte.
Ainsi, répondre à la question du lieu demande une précision : la reddition est signée une première fois à Reims, puis ratifiée solennellement à Berlin-Karlshorst. Le terme exact à retenir est capitulation ou reddition militaire sans condition. La formule « armistice du 8 mai » ne décrit pas correctement la nature des documents. La Victoire du 8 mai 1945 renvoie à l'entrée en vigueur de cette reddition, et non à la signature d'un traité de paix.
Questions fréquentes
L'Allemagne a-t-elle signé un document le 8 mai 1945 ?
Oui. Après le premier acte signé à Reims le 7 mai, un second instrument de reddition est signé à Berlin-Karlshorst lors d'une cérémonie datée du 8 mai. Les signatures se prolongent toutefois après minuit selon l'heure locale.
Pourquoi la signature de Reims n'a-t-elle pas suffi ?
L'Union soviétique souhaitait une ratification solennelle dans Berlin conquise, devant les principaux représentants militaires alliés et allemands. Le texte de Reims permettait en outre son remplacement par un instrument plus complet imposé par les puissances alliées.
Qui représentait officiellement l'Allemagne lors des signatures ?
A Reims, le général Alfred Jodl signe au nom du haut commandement allemand. A Berlin, la représentation est élargie : Wilhelm Keitel signe pour l'armée de terre, Hans-Georg von Friedeburg pour la marine et Hans-Jürgen Stumpff pour l'aviation.
Les combats ont-ils cessé dès la première signature ?
Non. L'acte signé à Reims prévoyait une entrée en vigueur différée au 8 mai à 23 h 01, heure d'Europe centrale. Ce délai devait permettre aux commandements de transmettre l'ordre de cessation des opérations à l'ensemble des forces concernées.
La capitulation allemande constituait-elle un traité de paix ?
Non. Les actes de Reims et de Berlin sont des instruments de reddition militaire sans condition. Ils organisent la cessation des opérations et la soumission des forces allemandes, mais ne constituent pas un traité de paix négocié entre Etats.