La Journée internationale de l'amitié n'a pas été créée directement par l'ONU. Son origine communément retenue remonte au Paraguay, où le médecin Artemio Bracho et ses compagnons ont lancé en 1958 une initiative consacrée à l'amitié entre les personnes et les peuples. L'Assemblée générale des Nations Unies a ensuite institutionnalisé cette idée à l'échelle internationale en adoptant, le 27 avril 2011, la résolution 65/275.
1958 : une initiative civile née au Paraguay
L'histoire commence dans la ville paraguayenne de Puerto Pinasco. En 1958, Artemio Bracho participe à une rencontre entre amis au cours de laquelle prend forme l'idée d'une mobilisation destinée à promouvoir l'amitié comme facteur de rapprochement humain. Cette démarche conduit à la création de la Cruzada Mundial de la Amistad, généralement traduite par Croisade mondiale de l'amitié.
Cette organisation civile défend l'idée que l'amitié ne relève pas seulement de la vie privée. Elle peut aussi encourager la compréhension entre groupes sociaux, communautés et nations. Le mouvement promeut alors une journée mondiale de l'amitié et retient le 30 juillet pour cette observance.
Artemio Bracho est donc souvent présenté comme le fondateur de la journée. Une formulation plus précise consiste toutefois à dire qu'il fut l'un des principaux initiateurs de la mobilisation paraguayenne, menée collectivement avec les membres de la Croisade mondiale de l'amitié. Cette nuance évite d'attribuer à une seule personne la totalité d'une démarche associative.
Les grandes étapes de la reconnaissance internationale
La chronologie permet de distinguer clairement l'origine militante de la reconnaissance officielle :
- 1958 : Artemio Bracho et ses compagnons lancent au Paraguay le mouvement qui devient la Croisade mondiale de l'amitié.
- À partir de 1958 : le mouvement encourage l'organisation d'une journée consacrée à l'amitié et défend sa portée internationale.
- Les décennies suivantes : l'initiative se diffuse par l'action associative et par des relais institutionnels, sans constituer encore une observance officielle des Nations Unies.
- 27 avril 2011 : l'Assemblée générale de l'ONU adopte la résolution 65/275, intitulée Journée internationale de l'amitié.
- Depuis cette proclamation : les Etats membres, les organismes des Nations Unies et les organisations de la société civile sont invités à observer la journée conformément aux contextes locaux.
La résolution de 2011 représente ainsi une reconnaissance institutionnelle, et non le point de départ historique de l'idée. Elle inscrit une initiative plus ancienne dans le calendrier international des Nations Unies, au même titre que d'autres observances présentées lors de la Journée des Nations Unies.
Ce que l'ONU a réellement proclamé en 2011
Par la résolution 65/275, l'Assemblée générale désigne le 30 juillet comme Journée internationale de l'amitié. Elle invite les Etats, les organismes internationaux et régionaux ainsi que la société civile à l'observer au moyen d'initiatives adaptées, notamment avec la participation des jeunes.
Le texte ne crée ni traité ni obligation juridique comparable à une convention internationale. Une journée internationale est avant tout un cadre de sensibilisation et de mobilisation. Elle donne une visibilité mondiale à un enjeu et fournit un langage commun aux institutions, aux associations et aux communautés.
L'initiative paraguayenne a créé le mouvement; la résolution de l'ONU lui a donné une reconnaissance internationale officielle.
Cette distinction aide aussi à comprendre pourquoi plusieurs récits peuvent coexister. L'un porte sur la naissance historique du projet au Paraguay; l'autre concerne son statut dans le système onusien. La présentation complète de la Journée internationale de l'amitié repose sur ces deux niveaux complémentaires.
Pourquoi l'amitié est-elle rattachée à la culture de paix ?
La résolution de 2011 place l'amitié dans le cadre de la culture de paix, une notion déjà structurée par les Nations Unies avant la proclamation de la journée. En 1999, l'Assemblée générale avait adopté la Déclaration et le Programme d'action sur une culture de la paix. Cette approche entend favoriser des attitudes et des pratiques fondées notamment sur le dialogue, la coopération, le respect des droits, la tolérance et le règlement pacifique des différends.
Dans cette perspective, l'amitié est considérée comme un moyen de créer des liens entre les peuples, les pays, les cultures et les personnes. Elle ne remplace ni la diplomatie ni les politiques publiques, mais peut contribuer à réduire la méfiance et à rendre le dialogue possible. Ce cadre rejoint celui de la Journée internationale du vivre-ensemble en paix et, plus largement, les principes associés à la Journée mondiale de la paix.
La culture de paix repose notamment sur plusieurs dimensions auxquelles l'amitié peut contribuer :
- la compréhension mutuelle entre personnes d'origines différentes;
- le dialogue face aux désaccords et aux préjugés;
- la coopération autour d'objectifs communs;
- le respect de la diversité culturelle;
- la participation des jeunes à des projets collectifs;
- le refus de la violence comme mode ordinaire de résolution des conflits.
Cette logique dépasse les relations individuelles. Elle concerne aussi la cohésion au sein des communautés, notamment entre générations, cultures et parcours de vie. Elle fait écho aux enjeux de la Journée internationale des familles et de la Journée internationale des migrants, deux observances où l'inclusion et les liens sociaux occupent également une place importante.
Qui faut-il considérer comme le créateur de la journée ?
La réponse dépend du sens donné au mot « créer ». Pour l'origine historique, Artemio Bracho et la Croisade mondiale de l'amitié sont les initiateurs de référence. Ils ont formulé et porté le projet depuis le Paraguay à partir de 1958. Pour la reconnaissance institutionnelle mondiale, l'autorité décisive est l'Assemblée générale des Nations Unies, qui a proclamé la journée en 2011.
Il serait donc inexact d'affirmer que l'ONU a inventé la célébration de toutes pièces. Il serait tout aussi incomplet de présenter l'initiative paraguayenne comme une journée onusienne dès 1958. Entre ces deux moments se trouve un long processus de promotion civile, puis de reconnaissance diplomatique.
Cette double origine explique la portée actuelle de l'observance : elle conserve la mémoire d'un mouvement associatif sud-américain tout en appartenant au cadre international de la culture de paix. Les adaptations et différences nationales relèvent, quant à elles, de l'histoire de la fête de l'amitié dans le monde.
UNE ANCIENNE DICTATURE MÉCONNUE ? Le Paraguay 🇵🇾
Questions fréquentes
Artemio Bracho a-t-il créé seul la Journée internationale de l'amitié ?
Artemio Bracho en est le principal initiateur historique connu, mais le projet est issu d'une démarche collective. Il a été porté avec ses compagnons au sein de la Croisade mondiale de l'amitié, créée au Paraguay en 1958.
Dans quelle ville l'initiative paraguayenne est-elle née ?
L'initiative est associée à Puerto Pinasco, une ville du Paraguay où une rencontre entre amis a donné naissance, en 1958, au mouvement en faveur d'une journée mondiale de l'amitié.
Quand l'ONU a-t-elle reconnu officiellement la journée ?
L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté la résolution 65/275 le 27 avril 2011. Ce texte désigne le 30 juillet comme Journée internationale de l'amitié et invite les Etats et la société civile à l'observer.
L'initiative de 1958 était-elle déjà une journée officielle de l'ONU ?
Non. Il s'agissait d'une initiative civile paraguayenne portée par la Croisade mondiale de l'amitié. Elle n'est devenue une observance officielle des Nations Unies qu'avec la résolution adoptée en 2011.
Pourquoi la résolution de l'ONU mentionne-t-elle les jeunes ?
La résolution encourage notamment la participation des jeunes, considérés comme des acteurs importants du dialogue, du respect de la diversité et de la prévention de la violence. Leur implication s'inscrit dans les objectifs plus larges de la culture de paix.
La proclamation de 2011 impose-t-elle des obligations aux Etats ?
Non. Une journée internationale constitue principalement un instrument de sensibilisation. La résolution invite les Etats, les organisations internationales et la société civile à agir selon leurs contextes, sans créer les obligations juridiques d'un traité.