Pour organiser une activité scolaire sur la solidarité, choisissez une situation dans laquelle les élèves doivent observer des interdépendances, coopérer ou répondre ensemble à un besoin réel. Une séance peut tenir en 30 à 60 minutes, tandis qu'une enquête ou un projet de classe demande plusieurs étapes. Les six activités suivantes sont directement adaptables de la maternelle au lycée et peuvent accompagner la Journée internationale de la solidarité humaine.
Choisir une activité adaptée à l'âge des élèves
Avec les plus jeunes, la solidarité se comprend mieux par l'action, le récit et les situations proches de la vie de classe. Au cycle 3, les élèves peuvent identifier des responsabilités partagées et expliquer les conséquences d'une action. Au collège et au lycée, l'enquête, l'argumentation et la conduite de projet permettent d'étudier des besoins collectifs plus complexes.
- Maternelle et cycle 2 : privilégier une consigne unique, des objets manipulables et un débriefing oral court.
- Cycle 3 : introduire des rôles complémentaires, une trace écrite et plusieurs solutions possibles.
- Collège : demander aux groupes de justifier leurs choix et de confronter différents points de vue.
- Lycée : faire distinguer besoins, acteurs, contraintes, responsabilités et effets attendus.
Une activité solidaire réussie ne récompense pas seulement l'aide individuelle : elle montre comment chacun peut contribuer à une réponse collective.
De la maternelle au cycle 3 : comprendre en agissant
1. La carte des interdépendances
Objectif : montrer que les objets et services quotidiens reposent sur plusieurs personnes. Matériel : images représentant un repas, un livre, un trajet ou l'école, feuilles et ficelle. Durée : 30 à 45 minutes.
- Choisir un objet familier, puis demander qui intervient pour le fabriquer, le transporter ou le rendre accessible.
- Relier les images ou les mots avec de la ficelle.
- Retirer fictivement un maillon et observer les conséquences.
- Faire formuler ce que chaque acteur apporte aux autres.
Débriefing : demander pourquoi personne ne réalise seul toute la chaîne. En maternelle, limiter la carte à quatre images. Au cycle 3, ajouter les services publics ou les ressources nécessaires. Cette activité peut être rapprochée de la coopération entre territoires et pays, sans transformer la séance en panorama géographique.
2. Le défi coopératif
Objectif : expérimenter la coopération et la répartition des rôles. Matériel : gobelets, feuilles, ruban adhésif ou briques de construction. Durée : 30 minutes.
Les groupes doivent construire une tour ou déplacer un objet avec une contrainte : chacun possède une partie du matériel ou une compétence exclusive. Après un premier essai, accordez deux minutes pour répartir les rôles, puis recommencez. Le débriefing porte sur l'écoute, la participation et les décisions prises. Pour éviter qu'un élève dirige tout, attribuez des fonctions tournantes : gardien du temps, constructeur, observateur et rapporteur. Le prolongement par la non-violence permet de travailler les désaccords sans exclusion.
Du cycle 3 au lycée : débattre et enquêter
3. Le débat à choix argumenté
Objectif : examiner les conditions d'une décision collective juste. Matériel : une situation fictive et quatre affiches. Durée : 45 à 60 minutes.
Présentez une situation proche de l'établissement : une classe dispose de temps ou de moyens limités pour améliorer la vie collective. Proposez quatre options réalistes. Les élèves se placent près de leur choix, préparent deux arguments, écoutent les autres groupes puis peuvent changer de position. Le débriefing distingue préférence personnelle, besoin collectif et compromis. Au collège, nommez un reformulateur par groupe. Au lycée, ajoutez une contrainte budgétaire ou un critère d'accessibilité. Les règles d'écoute peuvent s'appuyer sur les enjeux du vivre-ensemble en paix.
4. L'enquête locale sur les solidarités
Objectif : repérer les acteurs et les dispositifs utiles autour de l'école. Matériel : plan du quartier, questionnaire, accès à des documents publics validés par l'enseignant. Durée : deux ou trois séances.
Les groupes choisissent un besoin concret, par exemple l'accès à l'alimentation, la mobilité, l'isolement ou l'accompagnement scolaire. Ils identifient les acteurs concernés, vérifient leurs informations, puis produisent une carte ou une fiche synthétique. Le débriefing doit faire distinguer constat, hypothèse et information vérifiée. Pour les plus jeunes, l'enseignant fournit les documents. Avec des lycéens, une réflexion sur la précarité peut être reliée à la lutte contre la pauvreté, en évitant les portraits simplificateurs.
Rencontrer un acteur sans rester spectateur
5. La rencontre associative préparée
Objectif : comprendre comment une action répond à un besoin identifié. Matériel : fiche de préparation, questions et support de restitution. Durée : une séance de préparation, la rencontre, puis un bilan.
Avant la venue d'une association, faites rechercher sa mission et préparer des questions sur les besoins, les bénéficiaires, les bénévoles, les partenaires et les limites de son action. Pendant l'échange, répartissez les rôles : accueil, prise de notes, questions et synthèse. Après la rencontre, chaque groupe formule trois apprentissages et une question encore ouverte. Pour le primaire, privilégiez un acteur local et des questions courtes. Au secondaire, comparez bénévolat, engagement ponctuel et responsabilités professionnelles. La Journée internationale des volontaires offre un prolongement pertinent sur les formes d'engagement.
Construire un projet de classe utile et réaliste
6. Le mini-projet solidaire
Objectif : passer d'une intention à une action collective évaluable. Matériel : fiche-projet, calendrier, répartition des rôles et autorisations nécessaires. Durée : de deux semaines à une période scolaire.
Commencez par un besoin vérifié dans l'école ou à proximité : accueillir de nouveaux élèves, faciliter l'entraide entre niveaux, rendre une information accessible ou réduire l'isolement. La classe choisit ensuite une réponse proportionnée, un destinataire et des critères simples de réussite.
- Formuler le besoin sans parler à la place des personnes concernées.
- Consulter les destinataires ou un interlocuteur compétent.
- Définir une production réalisable et les responsabilités de chacun.
- Obtenir l'accord de l'établissement avant toute action extérieure.
- Réaliser, documenter puis évaluer le projet avec les destinataires.
Le débriefing final ne porte pas seulement sur le résultat. Il examine la participation réelle, les difficultés, les effets inattendus et ce qui devrait être modifié. Une adaptation courte consiste à créer un binôme d'accueil ou un guide pratique de l'établissement. Pour approfondir les relations entre élèves sans réduire la solidarité à l'affection, la fraternité humaine peut servir de thème à une séance distincte.
#ToutSavoirEn1MinuteSurLEcole N°34 Les A.P.C. : activités pédagogiques complémentaires
Questions fréquentes
Quelle activité sur la solidarité peut tenir en 30 minutes ?
Un défi coopératif est le format le plus simple. Préparez du matériel de construction, imposez des rôles complémentaires, prévoyez un premier essai puis une seconde tentative après concertation. Gardez au moins cinq minutes pour identifier ce qui a favorisé ou empêché la coopération.
Comment aborder la solidarité en maternelle ?
Partez d'une situation visible : ranger ensemble, accueillir un camarade, partager des tâches ou construire un objet à plusieurs. Utilisez des images, une consigne courte et des rôles concrets. Le bilan peut se limiter à deux questions : de qui avions-nous besoin et qu'avons-nous réussi ensemble ?
Comment éviter une activité trop morale ou culpabilisante ?
Présentez un problème à résoudre plutôt qu'un comportement prétendument exemplaire à imiter. Laissez plusieurs réponses possibles, demandez aux élèves d'en examiner les effets et évitez d'exposer des situations personnelles. Le débriefing doit porter sur les choix, les besoins et l'organisation collective, non sur la valeur morale des participants.
Faut-il obligatoirement inviter une association ?
Non. Une carte des interdépendances, un jeu coopératif ou une enquête documentaire suffisent pour une séance complète. Une rencontre devient utile lorsque les élèves ont déjà préparé des questions et que l'intervenant peut éclairer un besoin, une méthode d'action et les limites rencontrées sur le terrain.
Comment évaluer un projet solidaire de classe ?
Utilisez des critères annoncés à l'avance : besoin correctement identifié, consultation des personnes concernées, répartition effective des tâches, réalisation adaptée et capacité à analyser les résultats. L'évaluation peut combiner une production collective, une autoévaluation individuelle et un retour du destinataire.
Quelles précautions prendre pendant une enquête locale ?
Faites valider le questionnaire et les sources par l'enseignant, protégez les informations personnelles et n'interrogez pas de personnes vulnérables sans cadre approprié. Les élèves doivent distinguer ce qu'ils ont observé, ce qu'un interlocuteur a déclaré et ce qu'ils supposent. Toute sortie ou prise de contact suit les règles de l'établissement.