Organiser un atelier anticorruption en entreprise ou à l'école
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Pour organiser un atelier anticorruption, choisissez un cas fictif adapté au public, faites distinguer les faits des suppositions, puis demandez aux participants de proposer une réaction sûre et justifiable. Selon le temps disponible, l'activité peut durer 30, 60 ou 90 minutes. Elle doit transmettre des réflexes concrets sans transformer les participants en juristes ni les inviter à accuser des personnes réelles.

Définir des objectifs pédagogiques réalistes

L'atelier peut accompagner la Journée internationale de lutte contre la corruption, une formation professionnelle ou un enseignement d'éducation civique. Son objectif n'est pas de couvrir tout le droit applicable, mais de développer une méthode de discernement.

A la fin de la séance, les participants devraient pouvoir :

  • identifier un avantage, une décision et une relation susceptibles de créer un risque ;
  • séparer un fait observable, une interprétation et une accusation ;
  • repérer les informations manquantes avant de conclure ;
  • formuler une demande de conseil sans exposer inutilement une personne ;
  • conserver une trace factuelle et utiliser le canal prévu par leur établissement.

Si le groupe ne maîtrise pas le vocabulaire, présentez seulement les notions nécessaires au cas. Une ressource distincte peut préciser les types de corruption et les notions proches. Pour travailler la différence entre preuve, témoignage et interprétation, un rapprochement est également possible avec le droit à la vérité concernant les violations des droits humains.

Choisir un déroulé de 30, 60 ou 90 minutes

Format express de 30 minutes

  1. 3 minutes : annoncer l'objectif, les règles de discussion et le caractère fictif du cas.
  2. 5 minutes : lire individuellement une situation courte et surligner les faits utiles.
  3. 10 minutes : discuter en groupes de trois autour de trois questions : que sait-on, qu'ignore-t-on et que peut-on faire ?
  4. 9 minutes : mettre en commun les réponses et présenter les canaux de conseil disponibles.
  5. 3 minutes : recueillir une réponse écrite à une question d'évaluation.

Format participatif de 60 minutes

Ajoutez une seconde version du cas apportant une information nouvelle, par exemple un lien personnel non déclaré ou une demande de discrétion. Consacrez 10 minutes au cadrage, 15 minutes à l'analyse initiale, 10 minutes à la nouvelle information, 15 minutes au débriefing et 10 minutes à l'évaluation. Cette progression montre qu'une décision responsable peut évoluer lorsque les faits changent.

Format approfondi de 90 minutes

Après l'analyse, organisez un jeu de rôles : une personne demande conseil, une autre l'écoute et une troisième observe. Faites tourner les rôles, puis demandez aux groupes de rédiger une réponse institutionnelle brève. Ce format permet de discuter transparence, confidentialité et accès à l'information, en lien avec la Journée internationale de l'accès universel à l'information.

Utiliser des cas fictifs sans désigner de coupable

Cas entreprise : une responsable doit sélectionner un prestataire. L'un des candidats lui propose deux places pour un événement avant la décision. Son offre est compétitive, mais aucun autre candidat n'a fait de proposition comparable. Les participants doivent établir ce qui est connu, vérifier les règles internes et préparer une demande de conseil.

Cas école ou enseignement supérieur : une association étudiante sollicite une salle. Un membre du comité de décision connaît personnellement l'un des responsables et participe au vote sans signaler ce lien. Les participants examinent les options permettant de préserver l'impartialité sans affirmer qu'une faveur a été accordée.

Variante marchés et droits : un intermédiaire promet d'accélérer une autorisation, sans expliquer comment. Cette situation permet d'aborder les conséquences possibles d'une décision opaque. Pour un groupe expérimenté, elle peut être rapprochée des enjeux de la justice internationale ou de la lutte contre la traite d'êtres humains, tout en évitant d'établir un lien automatique entre ces phénomènes.

Un bon cas ne demande pas « qui est coupable ? », mais « quels faits vérifier, quel risque traiter et quelle action sûre entreprendre ? »

Conduire le débriefing et rendre l'activité accessible

Le débriefing doit faire apparaître plusieurs réponses possibles, puis les comparer à l'aide de critères stables : sécurité, impartialité, traçabilité, confidentialité et conformité aux règles de l'organisation. Posez successivement les questions suivantes :

  • Quels éléments du récit sont des faits, et lesquels sont des interprétations ?
  • Quelle information manque pour apprécier correctement la situation ?
  • Qui pourrait subir les conséquences de la décision ?
  • Peut-on se retirer de la décision, refuser l'avantage ou demander un avis ?
  • Comment décrire le problème sans accusation ni donnée personnelle superflue ?
  • Quel canal utiliser si le responsable habituel est concerné ?

Prévoyez le cas en version écrite et orale, un vocabulaire explicité, une police lisible et un temps de lecture silencieuse. Autorisez une contribution orale, écrite ou anonyme. Ne demandez jamais de révéler une expérience personnelle. Dans un cadre scolaire, adaptez les responsabilités à l'âge et rappelez vers quel adulte de confiance se tourner. La sécurité du cadre éducatif peut aussi être travaillée lors de la Journée internationale pour la protection de l'éducation contre les attaques.

Evaluer les acquis et éviter les erreurs courantes

Une évaluation courte suffit si elle mesure une action observable. Avant l'atelier, demandez aux participants ce qu'ils feraient face à une offre inhabituelle. A la fin, proposez un mini-cas différent et exigez trois éléments : un fait à vérifier, une mesure immédiate et un interlocuteur approprié. Pour un suivi différé, demandez de retrouver le canal interne pertinent ou de reformuler un signalement en langage factuel.

Evitez notamment :

  • d'utiliser une affaire locale reconnaissable ou une personne réelle comme exemple ;
  • de présenter tout cadeau, conflit d'intérêts ou désaccord comme une culpabilité établie ;
  • de promettre une confidentialité absolue que l'établissement ne peut pas garantir ;
  • de demander aux participants d'enquêter eux-mêmes ou de confronter une personne ;
  • de limiter la réponse à « dénoncer », sans expliquer comment demander conseil en sécurité ;
  • d'évaluer la mémorisation de termes plutôt que la capacité à réagir correctement.

Terminez en indiquant les règles et interlocuteurs réellement disponibles : référent, responsable pédagogique, hiérarchie, service compétent ou dispositif de signalement. Cette mise en pratique rejoint plus largement l'apprentissage des responsabilités et des recours associé à la Journée des droits de l'homme.

EN VIDÉO

La RCP a organisé un atelier de sensibilisation sur le thème "La Corruption tue l'Etat...."

16:9

Chaîne : RCP Burundi Réseau des Citoyens Probes · Durée : 2:15

Questions fréquentes

Quel âge faut-il avoir pour participer à un atelier anticorruption ?

L'activité peut être adaptée dès que les participants savent distinguer une règle, un avantage et une décision impartiale. Avec des élèves jeunes, utilisez des situations simples de favoritisme ou de choix collectif, sans vocabulaire juridique. Avec des adultes, ajoutez les procédures internes et les responsabilités professionnelles.

Combien de participants prévoir par groupe ?

Des sous-groupes de trois à cinq personnes favorisent la participation sans allonger excessivement la restitution. Dans un grand groupe, attribuez à chaque équipe une question différente. Une séance individuelle reste possible avec une analyse écrite suivie d'un échange avec l'animateur.

L'animateur doit-il être juriste ou spécialiste de la conformité ?

Non, si l'objectif consiste à reconnaître des signaux d'alerte et à savoir demander conseil. L'animateur doit toutefois connaître les règles et les interlocuteurs de son établissement. Une question juridique précise peut être consignée puis transmise à une personne compétente plutôt que résolue par improvisation.

Comment réagir si un participant raconte un cas réel ?

Remerciez-le sans lui demander de noms ni de détails supplémentaires devant le groupe. Rappelez que l'atelier n'est pas un dispositif d'enquête, proposez un échange confidentiel après la séance et orientez la personne vers le canal approprié. En présence d'un risque immédiat, appliquez les procédures de protection de l'établissement.

Comment savoir si l'atelier a été utile ?

Vérifiez si les participants savent distinguer faits et suppositions, citer une action de protection et identifier un interlocuteur pertinent. Un mini-cas final est plus instructif qu'une simple question de satisfaction. Les réponses peuvent être anonymes afin de repérer les notions qui nécessitent une reprise.

Peut-on organiser l'atelier à distance ?

Oui. Envoyez un document accessible, utilisez de petits groupes virtuels et prévoyez une alternative au micro ou à la caméra. Les réponses anonymes peuvent être recueillies avec l'outil autorisé par l'établissement. Ne partagez aucun cas réel ni donnée personnelle dans l'espace de discussion.

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