L'orientation sexuelle concerne l'attirance affective ou sexuelle, tandis que l'identité de genre désigne la manière dont une personne se définit au regard du genre. L'expression de genre correspond à la façon dont elle se présente socialement. Homophobie, lesbophobie, gayphobie, biphobie et transphobie nomment, quant à elles, des préjugés, du rejet ou des discriminations visant des personnes en raison de leur orientation, réelle ou supposée, ou de leur identité de genre.
Trois notions à ne pas confondre
L'orientation sexuelle
L'orientation sexuelle décrit la capacité d'une personne à éprouver une attirance affective, romantique ou sexuelle envers certaines personnes. Les termes homosexuel, hétérosexuel, bisexuel ou asexuel peuvent notamment servir à la désigner. Une orientation ne se déduit ni de l'apparence, ni de la voix, ni des vêtements, ni de la situation familiale.
Exemple fictif : Lina se définit comme bisexuelle parce qu'elle peut être attirée par des personnes de plusieurs genres. Le fait qu'elle vive actuellement avec une femme ne la rend pas automatiquement lesbienne. Son couple visible ne résume pas son orientation.
L'identité de genre
L'identité de genre correspond à l'expérience intime et personnelle du genre. Une personne peut être une femme, un homme, une personne non binaire ou se définir autrement. Une personne trans a une identité de genre qui ne correspond pas au genre qui lui a été assigné à la naissance. Une personne cisgenre se reconnaît dans ce genre assigné.
Les réalités non binaires, auxquelles est consacrée la Journée internationale des personnes non binaires, ne constituent pas une orientation sexuelle. Une personne non binaire peut être hétérosexuelle, homosexuelle, bisexuelle, asexuelle ou employer un autre terme.
L'expression de genre
L'expression de genre est la manière dont une personne présente ou manifeste son genre, notamment par ses vêtements, sa coiffure, sa voix, ses gestes ou son prénom. Elle varie selon les individus et les contextes. Elle ne permet pas de conclure avec certitude à leur identité de genre ou à leur orientation sexuelle.
Une apparence ne révèle automatiquement ni une orientation sexuelle, ni une identité de genre.
Exemple fictif : Tom porte du vernis et des vêtements considérés comme féminins dans son entourage. Cela ne signifie pas qu'il est gay, trans ou non binaire. Ces suppositions reposeraient sur des stéréotypes.
Homophobie, lesbophobie et gayphobie
L'homophobie désigne les attitudes hostiles, le mépris, le rejet ou les discriminations visant l'homosexualité ou des personnes homosexuelles, réelles ou supposées. Le terme peut être employé comme une catégorie générale, mais des mots plus précis rendent certaines expériences mieux visibles. La Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie permet notamment de nommer ces différentes formes de rejet sans les rendre interchangeables.
- La lesbophobie vise spécifiquement les femmes lesbiennes ou perçues comme telles. Elle peut associer hostilité envers l'homosexualité et sexisme, par exemple lorsqu'une relation entre deux femmes est niée, sexualisée ou présentée comme passagère.
- La gayphobie vise spécifiquement les hommes gays ou perçus comme tels. Elle s'appuie souvent sur des normes rigides de masculinité et sur l'idée qu'un homme gay serait moins masculin.
- L'homophobie reste appropriée lorsqu'on parle globalement du rejet de l'homosexualité ou lorsque le genre des personnes visées n'est pas précisé.
- Une orientation supposée peut suffire à motiver un comportement hostile. La personne ciblée n'a pas besoin d'être réellement homosexuelle pour subir un acte homophobe.
Exemple fictif : des collègues refusent d'inviter Sarah et sa compagne à un repas où les autres couples sont conviés. Le comportement peut être qualifié d'homophobe et, plus précisément, de lesbophobe. Cette distinction rejoint les questions plus larges d'égalité abordées lors de la Journée des droits de l'homme.
Ce qui distingue biphobie et transphobie
La biphobie vise une orientation sexuelle
La biphobie désigne les préjugés, l'invisibilisation, le rejet ou les discriminations visant les personnes bisexuelles ou supposées bisexuelles. Elle peut venir de personnes hétérosexuelles comme de personnes homosexuelles. Affirmer que la bisexualité serait une phase, une indécision ou une infidélité constitue un préjugé biphobe.
Exemple fictif : Malik explique qu'il est bisexuel. Son ami répond qu'il devra un jour « choisir son camp ». Cette formule nie son orientation. Le genre de la personne avec laquelle Malik entretient une relation ne transforme pas automatiquement son orientation.
La transphobie vise l'identité ou l'expression de genre
La transphobie désigne les préjugés, le rejet ou les discriminations visant les personnes trans, ou perçues comme telles. Refuser délibérément et de façon répétée le prénom ou les pronoms d'une personne, nier son identité ou l'exclure parce qu'elle est trans peut relever de la transphobie.
Exemple fictif : Alex est une femme trans et lesbienne. Une remarque hostile à sa transidentité est transphobe ; une remarque hostile au fait qu'elle aime les femmes est lesbophobe. Les deux peuvent se combiner, mais elles ne visent pas la même caractéristique. La Journée internationale de visibilité transgenre porte plus particulièrement sur les personnes trans et leur visibilité.
Les notions de tolérance et de respect sont liées, mais la Journée internationale de la tolérance rappelle un cadre plus général : nommer précisément une discrimination aide à comprendre le mécanisme particulier qui est en cause.
Les erreurs de vocabulaire à éviter
- Dire « choix sexuel » à la place d'orientation sexuelle. Cette expression suggère qu'une orientation serait une décision ponctuelle. « Orientation sexuelle » est le terme approprié.
- Employer « transsexuel » comme terme universel. « Personne trans » ou « personne transgenre » est généralement préférable, sauf si une personne emploie elle-même un autre mot pour se définir.
- Confondre transidentité et homosexualité. La première concerne l'identité de genre ; la seconde, l'orientation sexuelle.
- Déduire l'identité d'une expression de genre. Une tenue masculine, féminine ou androgyne ne suffit pas à déterminer comment une personne se définit.
- Présenter la bisexualité comme une transition. Elle constitue une orientation à part entière et ne dépend pas du couple actuel.
- Utiliser « homophobie » pour toute LGBTphobie. Le terme ne décrit pas précisément une hostilité fondée sur la transidentité. Il faut alors parler de transphobie.
- Qualifier trop vite une personne. Il est préférable de reprendre les termes qu'elle emploie pour elle-même plutôt que de lui attribuer une identité.
Ces distinctions ne créent pas une hiérarchie entre les discriminations. Elles permettent de décrire correctement ce qui est visé et de ne pas effacer certaines expériences. Cette attention au vocabulaire s'inscrit dans le principe plus large mis en avant par la Journée zéro discrimination : une même personne peut être confrontée à plusieurs préjugés qui se combinent sans devenir synonymes.
Quel terme employer dans une phrase ?
Le mot le plus juste dépend de la caractéristique visée, et non de l'intention déclarée par l'auteur d'une remarque. Si le propos attaque l'attirance d'une femme pour une autre femme, « lesbophobe » est précis. S'il nie la bisexualité, « biphobe » convient. S'il vise la transidentité, il est transphobe. Quand plusieurs dimensions sont présentes, il est possible de les nommer séparément.
Pour parler d'une personne, la formulation la plus sûre reste simple : respecter le terme qu'elle utilise, ne pas demander d'informations intimes sans nécessité et ne pas transformer une caractéristique en définition totale de son identité. Un vocabulaire précis sert d'abord à décrire sans supposer.
Comment agir face à l'homophobie, la biphobie et la transphobie ?
Questions fréquentes
Une personne trans peut-elle être homosexuelle ou bisexuelle ?
Oui. « Trans » décrit une identité de genre, tandis que « homosexuel » et « bisexuel » décrivent des orientations sexuelles. Une personne trans peut donc être hétérosexuelle, lesbienne, gay, bisexuelle, asexuelle ou employer un autre terme.
Quelle est la différence entre lesbophobie et homophobie ?
L'homophobie peut désigner globalement le rejet de l'homosexualité. La lesbophobie vise spécifiquement les femmes lesbiennes ou perçues comme telles et peut mêler préjugés homophobes et sexistes. Le terme précis rend cette expérience particulière plus visible.
La biphobie est-elle une forme d'homophobie ?
Les deux relèvent des discriminations fondées sur l'orientation sexuelle, mais elles ne décrivent pas exactement les mêmes mécanismes. La biphobie vise spécifiquement la bisexualité, par exemple en la présentant comme une phase, une indécision ou une preuve d'infidélité.
Une remarque fondée sur l'apparence peut-elle être homophobe ou transphobe ?
Oui, si elle repose sur une orientation sexuelle ou une identité de genre supposée. Une personne peut subir une hostilité homophobe ou transphobe sans être homosexuelle ou trans. C'est le motif du préjugé qui permet de qualifier la remarque.
Que signifie mégenrer une personne ?
Mégenrer consiste à désigner une personne par un genre, des pronoms ou des accords qui ne correspondent pas à son identité de genre. Une erreur ponctuelle corrigée n'a pas la même portée qu'un refus délibéré et répété de respecter son identité.
L'expression de genre indique-t-elle les pronoms d'une personne ?
Non. Les vêtements, la coiffure, la voix ou les gestes ne permettent pas de connaître avec certitude les pronoms d'une personne. Lorsqu'ils ne sont pas connus, il est possible d'écouter la manière dont elle se présente ou de lui poser une question simple et respectueuse.