Après un acte homophobe, biphobe ou transphobe, mettez-vous d'abord en sécurité et demandez une aide urgente si le danger persiste. Dès que possible, consignez les faits, conservez les preuves sans les modifier et identifiez les témoins. Vous pourrez ensuite choisir une démarche adaptée : signalement à la plateforme concernée, alerte auprès d'un responsable, accompagnement associatif, consultation médicale ou psychologique, dépôt de plainte ou recours auprès d'une autorité compétente.
Que faire en cas de danger immédiat ?
Si une personne menace, poursuit, frappe, retient ou tente d'identifier votre domicile, éloignez-vous vers un lieu sûr et fréquenté. Contactez les services d'urgence du pays où vous vous trouvez ou demandez à un témoin de le faire. Ne cherchez pas à filmer si cela augmente le risque. Une blessure, même apparemment légère, peut justifier un examen médical et l'établissement d'un document décrivant les constatations.
Prévenez une personne de confiance et évitez de rester seul si l'auteur connaît vos habitudes. En ligne, ne publiez pas votre localisation en temps réel. Les principes de dignité et de protection contre les violences s'inscrivent dans le cadre plus large rappelé par la Journée des droits de l'homme.
La sécurité de la personne passe avant la collecte d'images ou la confrontation avec l'auteur.
Injure, menace ou harcèlement répété : distinguer les situations
Après une injure ou une menace
Notez les mots employés aussi fidèlement que possible, le lieu, l'heure, le contexte et l'identité ou la description de l'auteur. Une menace ne doit pas être minimisée parce qu'elle a été formulée sur le ton de la plaisanterie. Informez la personne responsable du lieu si les faits se produisent dans un commerce, un transport, un établissement ou un événement.
Face à des agissements répétés
Le harcèlement repose sur une répétition ou une continuité : remarques, divulgation de l'orientation sexuelle ou de l'identité de genre, mégenrage volontaire, intimidations, exclusions, messages ou surveillance. Tenez un relevé chronologique, y compris lorsque chaque fait semble mineur pris isolément. Cette logique rejoint la vigilance portée par la Journée zéro discrimination et la lutte contre les mécanismes discriminatoires abordée lors de la Journée internationale pour l'élimination de la discrimination raciale, sans confondre les motifs concernés.
Cyberviolence : conserver les traces avant de bloquer
Avant de supprimer un message ou de bloquer un compte, rassemblez les éléments nécessaires si cela peut être fait sans vous exposer davantage. Une capture isolée peut manquer de contexte : conservez aussi l'adresse de la publication, le nom du compte, la date visible et la conversation complète.
- Effectuez des captures lisibles montrant le contenu et son auteur apparent.
- Copiez les adresses des pages, publications ou profils concernés.
- Enregistrez les messages, courriels, fichiers et notifications d'origine.
- Notez les dates, la fréquence, les comptes utilisés et les éventuels témoins.
- Signalez le contenu à la plateforme, puis bloquez ou filtrez les comptes si nécessaire.
- Modifiez vos accès si un compte paraît compromis et activez une protection renforcée.
Ne repartagez pas publiquement une publication haineuse dans le seul but de la dénoncer : cela peut accroître sa diffusion et révéler des informations personnelles. La question de l'exposition subie est particulièrement importante pour les personnes trans et non binaires, également au coeur de la Journée internationale des personnes non binaires.
Discrimination dans un service, au travail ou à l'école
Refus ou traitement défavorable dans un service
Un refus d'entrée, de soin, de logement, de prestation ou un traitement défavorable peut être discriminatoire lorsqu'il est lié, notamment, à l'orientation sexuelle, à l'identité de genre ou à l'expression de genre. Demandez calmement le motif de la décision, si la situation le permet, et sollicitez une confirmation écrite. Gardez les échanges, conditions affichées, reçus et coordonnées des témoins. Une réclamation auprès du responsable, d'un médiateur, d'une autorité compétente ou d'une association peut ensuite être envisagée.
Faits au travail
Adressez un signalement factuel à l'interlocuteur prévu par l'organisation : responsable, ressources humaines, représentant du personnel, service de prévention ou autre canal interne. Décrivez les actes plutôt que de prêter des intentions. Conservez les courriels professionnels dans le respect des règles applicables et demandez un accusé de réception. L'enjeu relève à la fois de la sécurité et de l'égalité, principe également mis en avant par la Journée internationale de la tolérance.
Faits à l'école
Un élève peut se tourner vers un adulte de confiance, la direction, le personnel éducatif ou le service de santé de l'établissement. Les responsables légaux peuvent être associés lorsque cela protège le mineur, mais révéler son orientation sexuelle ou son identité de genre sans son accord peut l'exposer. Il faut donc écouter ses besoins, évaluer le danger et expliquer clairement quelles informations devront éventuellement être transmises pour assurer sa protection.
Consentement, preuves et accompagnement : les bons réflexes
La victime décide autant que possible du rythme et de la forme des démarches. Un proche peut proposer de l'accompagner, de rédiger un compte rendu ou de conserver une copie des pièces, mais ne doit pas publier son récit, contacter l'auteur ou révéler son identité sans accord. La Journée mondiale contre l'homophobie et la transphobie rappelle l'importance de rendre visibles ces violences sans exposer les personnes qui les subissent.
- Rédiger un récit daté avec les lieux, paroles, gestes et conséquences.
- Conserver les originaux et travailler sur des copies lorsque c'est possible.
- Noter les coordonnées des témoins sans diffuser leur identité publiquement.
- Garder les certificats, courriers, signalements et réponses reçues.
- Éviter toute modification, annotation ou recadrage de l'unique exemplaire d'une preuve.
- Demander un soutien médical, psychologique, associatif ou juridique selon les besoins.
Une démarche peut être progressive : se protéger, parler à une personne sûre, obtenir un avis, puis décider d'un signalement ou d'un recours. Ne pas agir immédiatement ne retire pas sa valeur au vécu. Les règles et délais variant selon le pays et la procédure, un professionnel ou un service compétent peut préciser les options disponibles.
Mieux prévenir et sanctionner les actes homophobes et transphobes
Questions fréquentes
Faut-il répondre à une injure homophobe ou transphobe ?
Non. Répondre n'est ni une obligation ni toujours prudent. Si la situation paraît dangereuse, éloignez-vous et cherchez de l'aide. Si vous choisissez de répondre, privilégiez une phrase brève, sans confrontation physique, puis notez les faits et identifiez les témoins.
Une capture d'écran suffit-elle comme preuve de cyberviolence ?
Elle est utile, mais gagne à être accompagnée du lien, du nom du compte, de la date, du contexte de la conversation et, si possible, du fichier ou message d'origine. Conservez une copie non modifiée avant tout recadrage ou annotation.
Peut-on signaler des faits sans révéler publiquement son orientation sexuelle ou son identité de genre ?
Oui. Un signalement n'implique pas de rendre ces informations publiques. Il peut toutefois être nécessaire d'expliquer confidentiellement le motif supposé des faits à l'interlocuteur chargé de les traiter. Demandez qui aura accès au récit et comment il sera conservé.
Comment aider un proche victime de LGBTphobie ?
Écoutez-le sans mettre en doute son récit, demandez ce dont il a besoin et proposez des options concrètes. Ne contactez pas l'auteur, ne publiez pas les preuves et ne révélez aucune information personnelle sans son accord, sauf urgence exigeant une intervention immédiate.
Que faire si l'employeur ou l'établissement scolaire ne réagit pas ?
Conservez le signalement initial et l'absence de réponse, puis utilisez un autre niveau interne ou un interlocuteur extérieur compétent. Une association, un représentant du personnel, un professionnel du droit ou une autorité chargée des discriminations peut aider à identifier la démarche adaptée au territoire.
Est-il trop tard si les faits n'ont pas été notés immédiatement ?
Non. Rédigez dès maintenant un récit aussi précis que possible en distinguant vos souvenirs certains des éléments approximatifs. Recherchez les messages, agendas, reçus, certificats et témoins susceptibles de confirmer le contexte. Un conseil juridique local permettra de vérifier les éventuels délais applicables.